Gestion des catastrophes : Bamako anticipe les pluies avec un plan structuré et des chantiers déjà visibles

Bamako, le 7 avril 2026 — À l’approche de l’hivernage, le comité interministériel de gestion des crises et catastrophes a tenu sa première réunion consacrée à l’examen de deux dossiers jugés prioritaires : le plan national de prévention 2026 élaboré par le CECOGEC et l’état d’avancement des opérations de libération des marigots et de curage des réseaux d’assainissement dans le district de Bamako. Objectif affiché : limiter les impacts des pluies à venir à travers des mesures opérationnelles déjà engagées sur le terrain et un dispositif de réponse mieux structuré.

Le plan présenté par le CECOGEC ne part pas dans tous les sens. Il est découpé en quatre blocs, chacun avec ses priorités. D’abord, remettre un peu d’ordre dans la coordination. Qui fait quoi, à quel moment, avec quels moyens. Ça peut paraître basique, mais c’est souvent là que ça coince sur le terrain.

Ensuite, il y a tout ce qui concerne l’anticipation. Là, il ne s’agit pas de généralités. On parle d’actions ciblées dans des zones bien connues : des quartiers où les habitants savent déjà que l’eau monte vite, mais où les caniveaux sont encore obstrués ou utilisés comme dépotoirs. Des équipes doivent passer, sensibiliser, mais aussi constater sur place ce qui bloque vraiment.

Le troisième point, c’est la réaction quand la situation dégénère. Des kits d’urgence doivent être positionnés à l’avance. Pas stockés au hasard, mais placés là où l’accès reste possible même sous la pluie. Des sites d’accueil sont également identifiés. L’idée, c’est d’éviter les déplacements improvisés en pleine nuit quand les maisons commencent à prendre l’eau.

Et puis il y a ce quatrième axe, un peu à part : les écoles. Plusieurs établissements ont déjà été touchés les années précédentes, certains transformés en zones d’accueil dans l’urgence. Cette fois, le plan prévoit de sécuriser ces espaces avant que les pluies ne commencent, pour éviter de perturber toute une année scolaire.

Le budget annoncé 4 milliards 71 millions de FCFA donne une idée de l’ampleur. Mais sur le terrain, ce ne sont pas les chiffres qui comptent. Ce sont les camions qui sortent, les équipes qui creusent, les interventions qui arrivent à temps.

Du côté du ministère de l’Urbanisme, les données parlent d’elles-mêmes. Sur les 11 marigots recensés dans le district, 5 ont été dégagés. Ça représente 40,6 kilomètres. Un peu plus de la moitié du travail. Concrètement, cela veut dire que des zones qui étaient occupées ou encombrées ont été libérées. Des passages d’eau réouverts. Mais il reste encore presque la moitié à traiter, et le calendrier ne laisse pas beaucoup de marge.

La campagne de curage prévue pour 2026 est encore plus parlante. 241 kilomètres de caniveaux à nettoyer. 85 kilomètres de collecteurs à dégager. Ce sont des opérations lourdes. Sur le terrain, ça se traduit par des tas de boue retirés, des déchets accumulés depuis des mois, parfois des années. Et souvent, des accès compliqués, parce que certaines zones sont difficilement praticables avec des engins.

En fin de réunion, le Premier ministre n’a pas fait de long discours non plus. Il a salué le travail présenté, puis fixé le rythme : deux réunions par mois avant même que la situation ne bascule en mode crise. Une façon de garder la pression, et surtout d’éviter les réactions tardives.

Maintenant, tout se joue dehors. Dans les quartiers où l’eau stagne dès les premières pluies. Dans les caniveaux qu’on doit ouvrir avant qu’ils ne débordent. Parce qu’ici, un simple retard dans le curage peut suffire à transformer une rue entière en point noir dès la première grosse averse.


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