Afrique: Le service de la dette africaine a doublé en huit ans

Le service de la dette publique africaine a doublé en huit ans, passant de 9 % à 18 % des recettes, tandis que la croissance économique ralentit. La Banque mondiale préconise une croissance plus productive et un soutien au secteur privé pour répondre à l’urgence de l’emploi, face à un marché du travail africain qui va s’accroître de 620 millions de personnes d’ici 2050.


Andrew Dabalen © WB

La reprise économique de l’Afrique subsaharienne montre des signes d’essoufflement. C’est le constat sans détour du dernier rapport semestriel du Groupe de la Banque mondiale, qui révise ses prévisions de croissance pour 2026 à la baisse, 4,1 %, soit 0,3 point de moins qu’anticipé en octobre 2025.

Conflit au Moyen-Orient, hausse des prix des combustibles et des denrées alimentaires, durcissement des conditions financières mondiales, les chocs s’accumulent. L’inflation devrait atteindre 4,8 % en 2026, touchant en premier lieu les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part disproportionnée de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie.

Mais le problème de fond est structurel. Le ratio du service de la dette publique extérieure rapporté aux recettes a doublé en huit ans, passant de 9 % en 2017 à 18 % en 2025. Les investissements publics en capital restent inférieurs d’environ 20 % à leur niveau de 2014. Et la réduction de l’aide internationale ne fait qu’aggraver la pression sur les pays à faible revenu.

« À court terme, les gouvernements doivent concentrer leurs ressources limitées sur la protection des foyers les plus vulnérables », alerte Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique.

L’emploi, l’urgence du siècle

La pression démographique rend l’urgence encore plus criante : plus de 620 millions de personnes rejoindront le marché du travail africain d’ici 2050. Pour y répondre, la Banque mondiale plaide pour une croissance plus productive, plus diversifiée et davantage portée par le secteur privé.

Sa prescription : des politiques industrielles ciblées, des minerais critiques aux produits pharmaceutiques, adossées à des infrastructures fiables, une main-d’oeuvre qualifiée et une intégration régionale approfondie, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le diagnostic est posé. Les solutions sont connues. Ce qui manque, c’est le temps, et les marges budgétaires pour les mettre en oeuvre.

Source : Togo News


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