On estime qu’environ 38 % de la population soudanaise vivait dans la pauvreté avant le conflit déclenché en 2023, contre 70 % aujourd’hui. En 2026, au moins un quart de la population est considéré comme vivant avec moins de deux dollars par jour.

Des habitants reçoivent l’aide du Programme alimentaire mondial, à Omdourman (Soudan), le 11 mars 2026. EBRAHIM HAMID/AFP
Le conflit entre l’armée et les forces paramilitaires au Soudan a presque doublé les niveaux de pauvreté d’avant-guerre : environ sept Soudanais sur dix vivent désormais avec moins de quatre dollars par jour (3,40 euros), a affirmé, mardi 14 avril, Luca Renda, le directeur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Soudan.
On estime qu’« environ 38 % de la population » vivait dans la pauvreté avant la guerre, déclenchée en 2023, selon le haut responsable onusien. Aujourd’hui, au moins un quart de la population soudanaise est considéré comme vivant avec moins de deux dollars par jour (1,70 euro), soit dans une extrême pauvreté, a ajouté M. Renda.
Le PNUD a publié, mardi, un rapport sur la pauvreté pour marquer l’anniversaire de la guerre, entrée dans sa quatrième année. Selon Luca Renda, les conditions de vie sont particulièrement difficiles dans certaines des zones les plus durement touchées par les hostilités, notamment le Kordofan du Sud, désormais principal champ de bataille, et le Darfour du Nord.
« Trois ans après le début de ce conflit, nous ne sommes pas seulement confrontés à une crise – nous assistons à l’érosion méthodique de l’avenir d’un pays », a alerté le responsable de l’ONU.
« Des moyens de subsistance anéantis »
La guerre entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 11 millions de personnes et plongé plusieurs régions dans la faim et la famine. Des donateurs doivent se réunir à Berlin, mercredi 15 avril, pour une conférence internationale visant à relancer des pourparlers et permettre de répondre à l’une des pires crises humanitaires au monde, selon l’ONU.
D’après le rapport publié mardi par le PNUD et l’Institut d’études de sécurité (ISS), près de sept millions de personnes ont basculé dans l’extrême pauvreté pour la seule année de 2023, et les revenus moyens sont retombés à des niveaux qui n’avaient plus été enregistrés depuis 1992. Les taux d’extrême pauvreté sont désormais plus élevés que dans les années 1980, selon cette analyse.
« Ces chiffres ne sont pas abstraits », a estimé le directeur du PNUD dans le pays. « Ils reflètent des familles déchirées, des enfants déscolarisés, des moyens de subsistance anéantis et une génération dont les perspectives s’amenuisent inexorablement. »
D’après l’ONU, plus de 21 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë au Soudan, et les deux tiers de la population ont un besoin urgent d’assistance, alors que les combats s’intensifient au Kordofan (centre) et dans l’Etat du Nil-Bleu (sud-est).
Source : Le Monde avec AFP
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