Les victimes du régime de Macky Sall réclament justice et s’opposent à sa candidature à l’Onu

Le Collectif des familles des martyrs, l’Initiative zéro impunité (Izi) et le Collectif des victimes de Macky Sall ont organisé, tôt dans la matinée du samedi 11 avril 2026, à Dakar, une marche pacifique pour réclamer justice pour les martyrs du régime de l’ancien président tout en s’opposant à sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies (Onu).

Encadrées par les forces de l’ordre, des centaines de manifestants, composés de victimes, de leurs familles, de parlementaires et d’acteurs de la société civile, ont répondu à l’appel du Collectif des familles des «martyrs», de l’Initiative zéro impunité (Izi) et du Collectif des victimes de Macky Sall. Ils ont battu le pavé sur l’avenue Bourguiba, de la Sicap Liberté au rond-point Jet d’Eau. Portant des pancartes et des banderoles avec les mentions «Des crimes impunis, des victimes abandonnées», «Onu, non à la candidature de Macky Sall» ou encore «Onu, ne blanchissez pas le sang des Sénégalais », ces marcheurs ont élevé la voix pour exprimer leur colère et leur exigence de justice. Elle est « claire et non négociable», d’après Djibril Diaw, président du Collectif des familles des «martyrs». Il demande «la fin de l’impunité et l’établissement de la vérité sur les événements tragiques survenus entre 2021 et 2023». Alors que le chiffre des victimes relayé varie souvent dans les discours publics, M. Diaw a tenu à lire, séance tenante, une liste de 67 «martyrs», «loin d’être exhaustive», a-t-il précisé, soulignant qu’il importait de mettre des noms sur ces chiffres.

Considérant que les victimes sont réelles et la souffrance des familles palpable, les manifestants ont, dans la foulée, dénoncé «avec fermeté toute tentative de promotion ou de repositionnement international de responsables politiques impliqués directement ou indirectement dans cette période sombre». En premier lieu, disent-ils, Macky Sall. Pour Souleymane Guèye, membre du collectif Non à l’impunité, l’ancien président de la République, en tant que «tortionnaire en chef», ne doit pas, à son avis, profiter du climat d’impunité qui règne actuellement pour faire peau neuve en briguant un poste international. Il demande donc à l’institution de récuser sa candidature.

Pour sa part, Pape Abdoulaye Touré, président de l’Initiative zéro impunité, a insisté sur la nécessité de la réparation. Il a réfuté l’argument de la loi d’amnistie votée en 2024 et brandi par certains pour empêcher la justice de faire son travail. «Le Conseil constitutionnel a clairement indiqué dans sa décision que les actes de torture, l’assassinat, le meurtre, etc., sont en dehors du champ d’application de la loi d’amnistie», a rappelé M. Guèye, exhortant les autorités à plus de diligence sur les dossiers pour permettre aux familles de recouvrer leur dignité.

Source : Le Soleil


En savoir plus sur FASSO ACTU

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *