Bamako sous couvre-feu : les autorités instaurent une mesure exceptionnelle de 72 heures

Le Gouvernorat du District de Bamako a décidé de franchir un cap sécuritaire en instaurant un couvre-feu sur toute l’étendue de la capitale malienne. À travers la décision N°2026-0644/GDB-CAB en date du 25 avril 2026, le Gouverneur du District, Abdoulaye Coulibaly, invoque les « nécessités d’ordre public » pour justifier cette mesure exceptionnelle.

Concrètement, le couvre-feu est fixé de 21 heures à 6 heures du matin pour une durée initiale de 72 heures. Il est toutefois précisé qu’il pourra être reconduit « en cas de besoin », laissant entrevoir la possibilité d’un prolongement si la situation sécuritaire l’exige.

La décision s’appuie sur un arsenal juridique solide, citant notamment la Constitution, la Charte de la Transition révisée, ainsi que plusieurs lois relatives à l’organisation administrative et aux collectivités territoriales. Elle fait également référence à des textes encadrant la liberté de réunion et les pouvoirs des représentants de l’État, traduisant une volonté de légitimer pleinement cette restriction temporaire des libertés publiques.

Parmi les bases légales mobilisées figurent la loi sur les réquisitions de 1987, les textes de 2023 sur le Code des collectivités territoriales et le statut particulier du District de Bamako, ainsi que les décrets encadrant les missions des autorités administratives locales.

L’exécution de la mesure repose sur une coordination étroite entre les différentes autorités locales. Les Sous-préfets d’arrondissement, les maires, les responsables des services administratifs et les chefs des services régionaux de sécurité sont tous mis à contribution pour veiller au respect strict du couvre-feu.

Cette mobilisation générale traduit la sensibilité du contexte sécuritaire ayant conduit à cette décision. Elle vise à assurer une application homogène sur l’ensemble du territoire du district, tout en renforçant la présence de l’État durant cette période.

Si les autorités mettent en avant la nécessité de préserver l’ordre public, cette mesure n’est pas sans implications pour les populations. Le couvre-feu limite en effet les déplacements nocturnes, impactant les activités économiques informelles, très présentes dans la capitale, ainsi que la vie sociale des habitants.

Dans un contexte où les enjeux sécuritaires restent prégnants au Mali, cette décision s’inscrit dans une logique de prévention et de contrôle. Elle pose néanmoins, comme souvent, la question de l’équilibre entre sécurité collective et respect des libertés individuelles.

Les prochaines 72 heures seront donc déterminantes pour évaluer l’efficacité de cette mesure et, éventuellement, justifier sa reconduction ou sa levée.


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