L’atmosphère politique s’alourdit brusquement à N’Djamena. À l’approche d’une mobilisation citoyenne prévue pour le début du mois de mai, les autorités tchadiennes ont procédé à l’arrestation de neuf cadres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), la principale plateforme de contestation du régime actuel.

Le week-end a été marqué par une accélération de la répression judiciaire. Selon les informations rapportées par Africa Radio, les neuf leaders d’opposition, interpellés le samedi 25 avril, sont toujours maintenus en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire ce dimanche.
Ce coup de force intervient dans un timing millimétré. Vendredi dernier, le ministère de la Sécurité publique ne s’est pas contenté d’interdire la « marche de protestation et d’indignation » prévue pour le 2 mai : il a purement et simplement acté la dissolution du GCAP. Le gouvernement invoque un risque de trouble à l’ordre public, s’appuyant sur une décision de la Cour suprême pour justifier l’éradication légale de cette coalition regroupant 13 formations politiques.
Cette crispation ne sort pas du néant. Elle s’enracine dans la réforme constitutionnelle d’octobre dernier, qui a profondément modifié les règles du jeu électoral au Tchad.
Désormais, le mandat présidentiel est porté à sept ans, sans aucune limite de renouvellement. Pour le GCAP et ses alliés, cette révision est le verrou final d’une dérive autoritaire permettant à Mahamat Idriss Déby Itno de se maintenir indéfiniment au pouvoir.
Le GCAP restait, jusqu’à sa dissolution, le dernier rempart politique appelant au boycott des scrutins jugés illégitimes par une partie de la société civile.
La réaction du parti « Les Transformateurs » ne s’est pas fait attendre. La formation dénonce un climat d’arbitrage permanent, rappelant le sort de son leader, Succès Masra. Ancien Premier ministre passé par la case prison, ce dernier purge actuellement une peine de 20 ans de réclusion pour « incitation à la haine », une sentence que plusieurs observateurs internationaux qualifient de politique.
De son côté, le défenseur des droits humains Makaila N’Guebla, aujourd’hui en exil, exhorte la communauté internationale à sortir de son silence.
Selon lui, la dégradation de la situation des droits humains atteint un seuil critique. À quelques jours du 2 mai, N’Djamena semble s’être transformée en une cocotte-minute politique où chaque voix dissidente finit systématiquement derrière les barreaux.
Source : allAfrica
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