Dans les bacs depuis le 27 mars 2026 (Remote Records/Studio Mali), « Mali Kelen » est un bel essai d’une talentueuse héritière qui frappe déjà à la porte de la cour des grands. C’est un album composé de dix chansons originales écrites par Saly Kouyaté et son virtuose de père, Andra Kouyaté (ngoni). C’est une œuvre qui oscille entre la tradition mandingue et le reggae. Déjà, de nombreux critiques parient sur cet essai comme un coup de maître.
Quand on veut réaliser un coup de maître pour marquer les esprits, on s’entoure de la crème. La jeune Saly Kouyaté l’a sans doute compris. En effet, pour son premier album, elle s’est entourée des musiciens qui comptent parmi les meilleurs du Mali ; des guitaristes, batteurs et percussionnistes qui ont joué avec Salif Kéita, Oumou Sangaré, Sidiki Diabaté… et son père Andra Kouyaté (virtuose du ngoni qui tourne avec Tiken Jah Fakoly, Rokia Traoré…), qui est aussi l’arrangeur de l’opus. Pour soutenir sa sublime voix, elle a bénéficié du talent de sa cousine Kankou Kouyaté. Comme on le voit, Saly s’est donné tous les atouts pour faire de cet essai, « Mali Kelen » (un seul Mali/le Mali est unique), un véritable coup de maître.
« Mali Kelen » est un album composé de dix titres atypiques (Mandé Foli, Mali Kelen, Salam Aleykoum, Diama Kadi, Gnogon Djougouya, Ntè Sabali, Allah Kan, Dounougna, Tounka et Ayan Dèmè) écrits par l’artiste et son virtuose de père. Le titre « Mali Kelen » est une chanson arrangée par Andra Kouyaté qui rend hommage au Mali (une forme de reprise de l’hymne national sur un rythme reggae). Elle parle d’union. Sur l’album, il est aussi question de lutte contre la drogue, de la maternité, de la migration, du devoir du griot de préserver ce qui disparaît…
Cette œuvre est un savant mélange de tradition mandingue, de reggae… oscillant entre l’intime et l’hymne. Sa beauté est aussi dans la sublime voix de Saly du début à la fin. L’album ne manque pas d’atouts pour propulser le jeune talent au-devant de la scène artistique du pays.
Chanter : C’est ce que Saly fait depuis l’enfance. Mais « le monde ne la connaît pas encore…», souligne le dossier de presse. Fille d’Andra Kouyaté (comme souligné plus haut) et de la célèbre cantatrice Mabara Soumano (qui a eu son moment de gloire avec « Youri Yari » de l’album « Sabali »), Saly est également la nièce du célèbre joueur de ngoni, Bassékou Kouyaté. Candidate dans la première émission de téléréalité musicale du Mali, « Mini Star », elle se produit sur scène depuisl’âge de 9 ans. À 11 ans déjà, elle participait à des enregistrements musicaux. Ainsi, souligne-t-on dans le dossier de presse, « Mali Kelen n’est pas le début de son histoire, c’est le moment où elle prend véritablement le devant de la scène ».
Enregistré au studio Hampâté Bah à Bamako, l’album a été produit par Paul Chandler, dont les deux décennies passées dans la scène musicale malienne garantissent l’authenticité du projet. Il est coproduit par l’ingénieur du son et lauréat d’un Grammy Awards, Mike Glines. Cet ancien de « Capitol Records » a notamment travaillé avec Blind Boys of Alabama et Ben Harper. L’enregistrement a été réalisé par Sékou Bah, considéré comme l’un des meilleurs musiciens d’Afrique.
Celle qui se positionne désormais comme une future coqueluche de la musique malienne est surtout porteuse d’un héritage séculaire transmis de génération en génération. Mais si Saly est enracinée dans la tradition des griots dans laquelle elle a grandi, elle se veut aussi résolument contemporaine dans son expression artistique. Et elle est déterminée à se faire une place au soleil !
Moussa Bolly
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