Médias africains : Bamako accueille un forum stratégique sur les enjeux de l’information

Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a présidé ce mercredi à Bamako la cérémonie d’ouverture du Forum panafricain des médias (FOPAME), une rencontre continentale dédiée à la réflexion sur les défis et les perspectives de l’information et de la communication en Afrique.

Initiée par la Maison de la Presse du Mali, cette première édition du Forum réunit durant quatre jours des représentants des médias publics et privés, des institutions spécialisées, des universitaires, des chercheurs, des experts ainsi que des professionnels de l’information venus de plusieurs pays africains.

Placée sous le signe de la réflexion stratégique, la rencontre vise à analyser les mutations profondes qui transforment le paysage médiatique mondial et à formuler des propositions concrètes en faveur d’une meilleure maîtrise de l’espace informationnel africain. Cinq panels et trois tables rondes sont notamment prévus afin d’examiner les questions liées à l’information, à la communication et à la souveraineté informationnelle du continent.

Dans leurs interventions respectives, le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, le président de la Commission d’organisation, Salif Sanogo, ainsi que le conférencier inaugural Martin Faye ont mis l’accent sur la nécessité de renforcer l’intégration africaine dans le domaine de la communication et de promouvoir une coopération accrue entre les acteurs médiatiques du continent.

Les échanges ont également souligné l’impact considérable des révolutions technologiques sur les modes de production, de diffusion et de consommation de l’information. Si le numérique, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle offrent de nouvelles opportunités pour informer, éduquer et rapprocher les peuples, ils soulèvent également de nombreux défis liés à la désinformation, à la manipulation de l’opinion et à la maîtrise des récits.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le Premier ministre a posé une question centrale : « Qui parle de l’Afrique ? » Une interrogation qui, selon lui, renvoie à la nécessité pour les Africains de produire, d’analyser et de diffuser eux-mêmes une information rigoureuse, équilibrée et fidèle à leurs réalités.

Le Chef du Gouvernement a défendu le concept de souveraineté informationnelle comme un levier essentiel de l’indépendance des États africains face aux influences extérieures. Il a particulièrement insisté sur la situation des pays du Sahel central, confrontés à des défis sécuritaires majeurs et à des campagnes informationnelles qu’il estime souvent éloignées des réalités du terrain.

Selon lui, les conflits contemporains ne se limitent plus aux affrontements militaires classiques. Ils se déroulent également dans les sphères médiatique, numérique et informationnelle, où se jouent désormais d’importantes batailles d’influence.

Le Général de Division Abdoulaye Maïga a également appelé à déconstruire certaines perceptions relatives au processus de Transition au Mali, aux orientations diplomatiques du pays ainsi qu’aux enjeux de la guerre informationnelle. Il a, à cet égard, salué le leadership du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, dans la défense de la souveraineté nationale.

À travers le FOPAME, le Mali entend ainsi contribuer à l’émergence d’un espace médiatique africain plus autonome, capable de porter les voix du continent et de promouvoir une narration africaine des réalités africaines dans un environnement mondial en constante mutation


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