Dans le cadre du renforcement de la lutte contre les groupes armés terroristes, les autorités maliennes ont adopté une mesure sécuritaire d’envergure nationale en classant plusieurs forêts et aires protégées en « Zones d’intérêt militaire d’accès interdit à la population civile ».
La décision est consacrée par l’arrêté interministériel n°2026-1311 du 3 juin 2026, signé conjointement par les départements en charge de la Défense, de la Justice, de l’Administration territoriale, de la Sécurité ainsi que d’autres structures concernées. Elle intervient dans le contexte du lancement de l’opération militaire « Dougoukoloko », récemment instituée pour intensifier les actions de sécurisation du territoire national.
Selon les dispositions du texte, les zones concernées sont identifiées comme des espaces susceptibles d’être utilisés par les groupes armés terroristes pour leurs mouvements, leur ravitaillement ou l’établissement de bases de repli.
Les autorités estiment que la configuration géographique et le couvert végétal de certaines forêts et réserves offrent des conditions favorables aux activités des groupes armés, compliquant ainsi les opérations de surveillance et d’intervention des Forces armées maliennes.
Pour répondre à cette situation, l’accès à ces espaces est désormais strictement réglementé et soumis à une autorisation préalable délivrée par l’autorité militaire compétente.
L’arrêté précise que seuls les éléments des Forces armées et de sécurité, ainsi que certains agents de l’État agissant dans le cadre de missions officiellement autorisées, pourront accéder à ces zones sur instruction de leur hiérarchie.
Les commandements militaires chargés de l’opération « Dougoukoloko » disposent de larges prérogatives pour conduire les opérations de surveillance, de contrôle et d’intervention à l’intérieur de ces périmètres.
Les autorités invitent les populations à respecter scrupuleusement ces restrictions afin d’éviter tout risque lié aux opérations militaires susceptibles d’y être menées.
La mesure couvre un total de 39 forêts, réserves et aires protégées réparties sur plusieurs régions du Mali.
Parmi les sites concernés figurent notamment la forêt de la Faya à Zantiguila, les Monts Manding dans la zone de Faraba, les forêts de Keniebaoulé et de Bossofala près de Bamako, ainsi que plusieurs espaces forestiers situés dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Nara, Macina et Tombouctou.
Le Parc national de la Boucle du Baoulé, la forêt de Falémé, la forêt de Wagadou ou encore les forêts de Faïra et de Sossebougou font également partie des zones désormais placées sous contrôle militaire renforcé.
Cette nouvelle réglementation remplace les dispositions antérieures mises en œuvre dans le cadre de l’opération « Maliko » et marque une évolution de l’approche sécuritaire adoptée par les autorités.
À travers cette décision, le gouvernement entend créer les conditions opérationnelles permettant aux Forces armées maliennes d’agir avec davantage d’efficacité dans les zones identifiées comme sensibles, tout en réduisant les risques pour les populations civiles.
Cette mesure s’inscrit dans la stratégie globale de reconquête et de sécurisation du territoire national engagée par les autorités de la Transition face à la persistance de la menace terroriste dans plusieurs régions du pays.
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