Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la réforme du secteur minier malien. Le Commissariat chargé des Activités Minières (CCAM) a tenu, ce vendredi, la première session de son Comité technique, une instance stratégique appelée à jouer un rôle majeur dans la mise en œuvre des orientations issues du nouveau Code minier et dans le renforcement de la gouvernance du secteur extractif.

La rencontre, présidée par le Commissaire chargé des Activités Minières, Hilaire Bébian Diarra, s’inscrit dans le processus d’opérationnalisation du CCAM, créé par le Code minier de 2023 afin d’améliorer la coordination, le suivi et l’évaluation des politiques publiques relatives aux ressources minières nationales.
Dans son intervention, le Commissaire a rappelé que malgré les performances enregistrées par l’industrie extractive, plusieurs défis demeurent à relever pour permettre au secteur de contribuer davantage au développement économique et social du pays. Parmi ces défis figurent notamment l’amélioration de la gouvernance, le respect des engagements contractuels par les opérateurs, le renforcement du contenu local, la protection de l’environnement ainsi qu’une meilleure redistribution des bénéfices tirés de l’exploitation minière au profit des populations.
Selon lui, le nouveau Code minier constitue une réponse aux attentes des autorités maliennes en matière de souveraineté économique et de valorisation des ressources naturelles. Cette réforme majeure vise à accroître les retombées nationales du secteur, notamment à travers le relèvement à 35 % de la participation cumulée des intérêts publics et privés maliens dans les projets miniers, contre 20 % auparavant.
Créé comme un organe d’appui stratégique auprès du Président de la Transition, le CCAM a pour mission d’éclairer la prise de décision sur les questions liées aux activités minières, tout en veillant à la cohérence des actions publiques dans ce domaine considéré comme l’un des piliers de l’économie nationale.
Au cœur de ce dispositif, le Comité technique occupe une place essentielle. Institué par le décret du 30 décembre 2025 portant organisation et fonctionnement du Commissariat, il est chargé d’examiner les dossiers techniques et stratégiques, de favoriser la concertation entre les différentes administrations concernées et de formuler des recommandations destinées au Conseil stratégique placé sous l’autorité du Chef de l’État.
Pour Hilaire Bébian Diarra, l’efficacité des politiques minières repose avant tout sur la qualité des analyses et des recommandations produites par les experts. Il a ainsi invité les membres du Comité à faire de cette structure un véritable cadre d’anticipation, de réflexion et de proposition au service de la modernisation du secteur.
Cette première session intervient dans un contexte où les autorités maliennes affichent leur volonté de renforcer le contrôle national sur les ressources minières et d’en faire un levier de transformation économique durable. À travers les réformes engagées, l’ambition est de mieux intégrer les activités extractives aux objectifs de développement national, tout en favorisant la création d’emplois, le développement des compétences locales et l’émergence d’un tissu économique plus compétitif.
En plaçant la gouvernance, la transparence et la souveraineté économique au cœur de sa stratégie minière, le Mali entend faire du secteur extractif un moteur de croissance durable, conformément aux ambitions de la Vision Mali 2063 et de la Stratégie nationale d’émergence et de développement durable.
La tenue de cette première session du Comité technique du CCAM marque ainsi le début d’une nouvelle phase dans la gestion des ressources minières du pays, avec l’objectif affiché de faire du potentiel minier malien un véritable instrument de prospérité nationale et de développement inclusif.
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