Genève : le Mali brandit le carton rouge contre le travail des enfants lors de la Conférence internationale du Travail

À l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée le 9 juin 2026 au Palais des Nations à Genève, la délégation malienne a marqué sa présence aux côtés de la communauté internationale en participant à la campagne mondiale placée sous le thème : « Carton rouge au travail des enfants ».

Conduite dans le cadre de la 114ᵉ Conférence internationale du Travail, la délégation malienne comprenait notamment Madame le Ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, le Ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, ainsi que des représentants du Conseil national de Transition (CNT), des organisations de travailleurs et des employeurs du Mali.

Cette conférence de haut niveau s’est tenue en marge des travaux des différentes commissions de la Conférence internationale du Travail, notamment celles chargées de l’application des normes, des finances, de la vérification des pouvoirs, du travail décent dans l’économie des plateformes numériques, du dialogue social et du tripartisme, ainsi que des questions relatives à l’égalité des genres dans le monde du travail.

Conformément aux orientations de Madame le Ministre Oumou Sall Seck, les représentants du département en charge de l’Emploi ont été déployés au sein des différentes commissions afin de contribuer activement aux débats et de porter les positions du Mali sur les questions inscrites à l’ordre du jour.

Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), la Journée mondiale contre le travail des enfants constitue un cadre privilégié permettant aux mandants tripartites des États membres de partager leurs expériences et d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre d’action mondial de Marrakech visant l’élimination du travail des enfants.

L’événement a également été marqué par la campagne internationale « Carton rouge contre le travail des enfants », une initiative symbolique invitant les participants à lever un carton rouge pour exprimer leur rejet catégorique de toutes les formes d’exploitation des enfants.

À cette occasion, le Directeur général de l’OIT a dressé un état des lieux préoccupant de la situation mondiale. Selon les données présentées, près de 138 millions d’enfants sont encore victimes du travail des enfants à travers le monde, dont 57 % sont âgés de 5 à 11 ans. Toutefois, des avancées encourageantes ont été enregistrées, notamment en Afrique subsaharienne où le nombre d’enfants soumis à des travaux pénibles a diminué de 10 % entre 2020 et 2024.

Les échanges ont également mis en lumière les expériences réussies de plusieurs pays. Le ministre marocain en charge de la petite enfance a notamment présenté les résultats obtenus grâce aux investissements dans l’éducation, aux mécanismes d’incitation financière destinés aux familles et aux dispositifs d’apprentissage. Plusieurs délégations nationales et organisations internationales ont ensuite partagé leurs bonnes pratiques dans la lutte contre ce fléau.

Les intervenants ont par ailleurs alerté sur les défis émergents liés aux nouvelles technologies, qui favorisent dans certains contextes l’apparition de nouvelles formes d’exploitation des enfants, appelant ainsi à une vigilance accrue de la communauté internationale.

La rencontre s’est achevée par une forte mobilisation symbolique à travers un affichage collectif du carton rouge de la campagne, auquel ont pris part l’ensemble des participants, y compris la délégation malienne.

Par cette participation active, les représentants du Gouvernement du Mali, du Conseil national de Transition, des travailleurs et des employeurs ont réaffirmé leur détermination à lutter contre le travail des enfants et à promouvoir le respect des droits fondamentaux de l’enfant.

Le Ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle s’inscrit pleinement dans cette dynamique à travers la mise en œuvre d’un dispositif législatif et réglementaire visant à prévenir et sanctionner les différentes formes de travail des enfants.

Au-delà de la répression, les autorités maliennes entendent privilégier une approche fondée sur l’accès à l’éducation, la protection de la santé et le développement des compétences, afin d’offrir à chaque enfant les conditions nécessaires à son épanouissement et à sa future insertion dans la vie professionnelle.


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