La 79e édition du Festival de Cannes (France) s’est déroulée du 12 au 23 mai 2026 au Palais des festivals. Et l’actrice française d’origine malienne, Eye Haïdara, a animé les cérémonies d’ouverture et de clôture du prestigieux festival. Et du coup, elle est devenue la 1ère Maîtresse de cérémonie noire de Cannes. En marge du festival, Habib Dembélé dit « Guimba National » s’est aussi vu décerner le prix du « Meilleur acteur » au « Diversity in Cannes Short Film Showcase 2026 » le 18 mai 2026. Autrement, le Mali continue d’écrire sa belle histoire avec Cannes.
La première maîtresse de cérémonie noire de Cannes ! Ainsi la Franco-malienne Eye Haïdara est entrée dans l’histoire avec le choix porté sur elle pour animer les cérémonies d’ouverture et de clôture de la 79e édition du Festival de Cannes qui s’est déroulée du 12 au 23 mai 2026. En la désignant en mars 2026, les organisateurs avaient justifié leur choix par sa présence remarquable à l’écran dans « Le Sens de la fête ». Ils avaient aussi mis un accent particulier sur le fait qu’Eye s’est imposée par un parcours commencé au théâtre avant de se diversifier au cinéma et à la télévision. Les critiques ont presque unanimement reconnu que « cette participation marque une étape importante de sa carrière, puisqu’elle l’installe au cœur de l’un des événements les plus médiatisés du cinéma français ».
Même si certains critiques (pas forcément objectifs) s’attardent sur « certaines bourdes » commises sans doute sous le coup de l’émotion, elle a quand même réussi à se hisser à la hauteur du prestigieux évènement. L’actrice révélée en 2017 dans « Le Sens de la fête » (Éric Toledano et Olivier Nakache) était à l’aise dans l’ensemble sur la scène. « La scène, c’est ma cour de récréation », disait-elle dans une interview à la presse. « Ce rôle de maîtresse de cérémonie, cela vous fait regarder le chemin parcouru. J’en suis au moment où l’on peut me donner cette charge-là. Je l’accueille avec surprise, avec joie, je suis honorée. Je m’inscris encore plus concrètement dans le paysage des actrices françaises », s’était réjouie « d’une voix douce et posée » au micro de « France Télévisions ».
« Ce choix ? Je l’ai accueillie avec de la joie, de la surprise. J’ai dit oui tout de suite. Ce sont des petites choses qu’on vous envoie, que vous prenez tout de suite et que vous réalisez après », a-t-elle confié à nos confrères. Et d’ajouter, « au départ, c’était un petit peu fou et lunaire, puis quand il y a eu l’annonce officielle, là j’ai vraiment réalisé. Ça m’a renvoyé à mon parcours. Je me suis dit : si aujourd’hui on peut me proposer ça, c’est peut-être que tout doucement je commence à m’inscrire dans le paysage du cinéma. Ça fait plaisir, c’est très gratifiant ».
Comme actrice, Eye Haïdara était récemment à l’affiche de « La Maison des femmes » de Mélisa Godet et est présentement à celle de « Mata de Rachel Lang » (sortie le 27 mai 2026) et prochainement de « L’Objet du délit » d’Agnès Jaoui, un long-métrage présenté hors compétition au 79ᵉ festival de Cannes. « Je joue le rôle de Cora dans le film d’Agnès, que j’étais ravie de retrouver car c’est la deuxième fois qu’on travaille ensemble. Il traite un sujet (les agressions sexuelles) qui est malheureusement d’actualité dans notre milieu et dans d’autres », confie Eye.
« Ici, c’est le milieu de l’opéra. Agnès a cette pertinence, cette intelligence et cet humour, sur le bon fil. C’était l’une des meilleures personnes pour pouvoir raconter cela. Moi j’incarne Cora, c’est celle qui parle fort. J’aime bien ce personnage car c’est avec ce genre de voix qu’on impose le fait qu’il faut que la parole se libère, qu’il y ait des discours. Ce sont ces femmes qui ouvrent le débat », ajoute l’actrice.
L’acteur malien Habib Dembélé dit « Guimba National » a aussi remporté le prix du « Meilleur acteur » au « Diversity in Cannes Short Film Showcase 2026 » le 18 mai 2026, en marge du Festival de Cannes. Il a été récompensé pour « son rôle bouleversant » de sans-abri dans le court-métrage « Sans Banc Fixe » du Guadeloupéen Bruno Henry. Cette œuvre a également décroché le prix du « Meilleur court-métrage », confirmant son succès auprès du jury international. Ce court-métrage « aborde avec sensibilité » les réalités de l’exclusion sociale et du vivre-ensemble, des thématiques universelles qui ont séduit le jury.
On peut surtout dire que le Mali continue d’écrire son histoire avec Cannes quand on se rappelle que la chanteuse Rokia Traoré a été membre du jury en 2015. C’est aussi lors de ce prestigieux événement de la Côte d’Azur (Cannes) que le regretté Souleymane Cissé a été récompensé du « Carrosse d’or » en 2023 pour l’ensemble de son œuvre. Déjà en 1987, son chef d’oeuvre « Yeelen » (La Lumière), a avait reçu le « Prix du jury ». Il devenait ainsi le premier réalisateur d’Afrique subsaharienne à avoir reçu un prix au festival de Cannes. Tout comme « Waati » (Le Temps) avait été également sélectionné à Cannes en 1995.
« Boua » Souleymane Cissé a tiré sa révérence le 19 février 2025 en laissant le flambeau entre les mains des Habib Dembélé, Rokia Traoré, Eye Haïdara… pour continuer de porter haut les couleurs de la culture malienne, notamment du 7ᵉ art malien et africain, sur la scène mondiale.
Moussa Bolly
En savoir plus sur FASSO ACTU
Subscribe to get the latest posts sent to your email.