Le projet de transplantation rénale au Mali poursuit son avancée. Le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social, a reçu, mercredi 29 juillet, le comité de direction du Centre Hospitalier Mère-Enfant “Le Luxembourg” afin de faire le point sur l’état d’avancement de cette initiative stratégique pour le système de santé malien.

Au cours de cette audience, les responsables du Centre Hospitalier ont présenté les progrès réalisés dans la préparation technique et organisationnelle de la future activité de greffe rénale. Le directeur de l’établissement, Dr Alpha Gueye, a dressé un état des lieux de la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique, avant que le néphrologue Dr Djiguiba et le professeur Alkadry Diarra, chirurgien urologue, n’exposent les capacités techniques déjà disponibles.
Selon les spécialistes, le Mali dispose désormais d’atouts importants pour lancer la transplantation rénale. Le Centre Hospitalier Mère-Enfant est notamment équipé d’un service de néphrologie spécialisé, de deux blocs opératoires ainsi que de laboratoires, services d’imagerie et de pharmacie répondant aux exigences nécessaires à la réalisation d’une greffe.
Les experts ont également rappelé que plusieurs professionnels maliens ont été formés à la transplantation rénale et que certains patients préparés au Mali ont déjà bénéficié d’une greffe à l’étranger avant d’être suivis avec succès par les équipes médicales nationales.
Pour les spécialistes, la transplantation rénale représente aujourd’hui le traitement le plus efficace contre l’insuffisance rénale chronique terminale. Son développement au Mali permettrait de réduire les coûts de prise en charge, d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients, tout en diminuant la pression sur les centres d’hémodialyse.

Les échanges ont aussi porté sur le cadre juridique encadrant les greffes d’organes. Les participants ont rappelé que cette pratique est régie par la loi n°09-017 du 26 juin 2009, qui fixe les règles relatives au prélèvement et à la greffe d’organes, de tissus et de cellules humains, même si certaines améliorations législatives restent envisagées.
À l’issue de la rencontre, la ministre de la Santé et du Développement social a salué le travail accompli par les équipes du Centre Hospitalier Mère-Enfant ainsi que l’engagement des professionnels de santé. Elle a réaffirmé le soutien des autorités de la Transition à ce projet et assuré de l’accompagnement de son département jusqu’au lancement effectif de la transplantation rénale au Mali.
« C’est un projet qui nous tient à cœur. Nous ferons de notre mieux pour vous accompagner à toutes les étapes », a déclaré le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré.
La mise en place de la transplantation rénale constituerait une avancée majeure pour le système de santé malien, en offrant aux patients souffrant d’insuffisance rénale une alternative thérapeutique de référence sans devoir systématiquement recourir à une prise en charge à l’étranger.
Sory Diakité
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