Le gouvernement malien poursuit sa stratégie d’industrialisation en s’attaquant à l’un des principaux défis de la filière coton : la faible transformation locale de la production nationale. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 29 juillet, l’Exécutif a adopté un projet de loi portant création de la Société des Textiles du Mali (SOTEX-Mali), une nouvelle entreprise publique appelée à jouer un rôle central dans la valorisation du coton malien.
Cette décision marque une étape importante dans la volonté des autorités de faire du coton non plus seulement une matière première d’exportation, mais un véritable levier de développement industriel, de création d’emplois et de croissance économique.
Premier producteur de coton en Afrique de l’Ouest, le Mali exporte encore l’immense majorité de sa production sous forme brute. Selon les données présentées en Conseil des ministres, près de 98 % du coton produit est vendu sans transformation locale, limitant considérablement les retombées économiques pour le pays.
Pour inverser cette tendance, le Gouvernement a engagé plusieurs initiatives visant à développer une industrie textile nationale. La création de la Société des Textiles du Mali s’inscrit dans cette dynamique et accompagnera la mise en service d’une nouvelle unité industrielle de transformation.
D’après le communiqué du Conseil des ministres, la future usine disposera d’une capacité annuelle de transformation de 40 000 tonnes de coton, destinées à produire du fil textile. Cette production alimentera notamment les unités nationales de tissage, tout en renforçant la compétitivité de la filière textile malienne.
Au-delà de la transformation industrielle, ce projet vise à accroître la valeur ajoutée créée sur le territoire national, réduire la dépendance aux exportations de matières premières et favoriser l’émergence d’une chaîne de valeur intégrée autour du coton.
La création de cette société publique devrait également générer de nouvelles opportunités d’emploi, tant au niveau de l’usine que dans les activités connexes liées au transport, à la logistique, à la maintenance et aux services industriels.
Pour les autorités, il s’agit d’un levier stratégique pour stimuler l’économie nationale, renforcer le tissu industriel et offrir davantage de débouchés aux producteurs de coton.
Cette réforme s’inscrit également dans la vision des autorités de transition visant à accélérer l’industrialisation du pays et à promouvoir la transformation locale des ressources nationales. Après plusieurs projets engagés dans les secteurs minier, énergétique et agroalimentaire, le textile apparaît désormais comme un secteur prioritaire de la politique industrielle du Mali.
Avec la création de la Société des Textiles du Mali, le Gouvernement entend ainsi poser les bases d’une industrie textile plus compétitive, capable de transformer une part croissante de la production nationale et de faire du coton un véritable moteur de développement économique.
Reste désormais à concrétiser cette ambition à travers la mise en œuvre effective du projet industriel, afin que le « coton malien » devienne progressivement un produit à forte valeur ajoutée, transformé sur le territoire national au bénéfice de l’économie et des populations.
Sory Diakité
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