Mines, énergie et hydrocarbures : l’AES mise sur une gestion commune de ses ressources

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger veulent davantage maîtriser leurs ressources minières, énergétiques et leurs hydrocarbures. Cette ambition a été au cœur d’une conférence publique organisée lundi 14 septembre 2026 à Ouagadougou, en marge de la 8ᵉ édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) et de la première Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES).

La rencontre a réuni des représentants des trois pays de la Confédération des États du Sahel (AES), mais également des universitaires et des étudiants. Les échanges ont porté sur le potentiel des ressources disponibles dans l’espace confédéral, les difficultés liées à leur valorisation et les possibilités d’une coopération renforcée.

Pour le ministre burkinabè de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, l’enjeu dépasse la seule exploitation des ressources. Il s’agit désormais de renforcer la gouvernance de secteurs considérés comme stratégiques et de permettre aux États de mieux tirer profit de leurs richesses naturelles.

La souveraineté passe notamment par une meilleure maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur. C’est la position défendue par le ministre nigérien chargé du Pétrole, Hamadou Tini. Selon lui, les pays doivent être capables d’identifier leurs ressources, de négocier leurs conditions d’exploitation, de développer la transformation locale et de sécuriser les infrastructures et corridors nécessaires à leur acheminement.

Cette approche doit également permettre de consacrer davantage de revenus issus des ressources naturelles au développement des économies nationales. Pour le ministre nigérien, une coopération entre les trois pays pourrait ainsi favoriser une plus grande autonomie économique.

Le Mali défend pour sa part une harmonisation des politiques et des cadres juridiques. Le ministre chargé des Mines, Amadou Keïta, a souligné que cette démarche s’inscrit dans la construction d’un espace commun reposant sur la solidarité, la coordination des politiques et la défense des intérêts des États membres.

Cette volonté de rapprochement intervient alors que la SAMAO 2026 et la SEMH-AES placent la gouvernance des ressources extractives au centre des discussions. L’édition de cette année prévoit notamment des panels, des sessions techniques, des rencontres entre acteurs économiques ainsi que des espaces consacrés aux secteurs minier, énergétique et des hydrocarbures.

Pour les pays de l’AES, l’objectif affiché est désormais de passer d’une logique d’exploitation des ressources à une véritable stratégie de valorisation, capable de soutenir la transformation économique et de renforcer leur autonomie.

Sory Diakité


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