Ouverte officiellement le mardi 8 septembre dernier à New York, la 81eSession de l’Assemblée générale des Nations unies verra défiler du 22 au 28 du mois courant, les dirigeants du monde à sa prestigieuse tribune. Le thème retenu cette année est « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous ».
Les discussions, à cet effet, se concentrent sur les tensions géopolitiques, les crises humanitaires, le changement climatique et la nécessité de renforcer le système multilatéral. On le sait que trop, au-delà du thème, c’est l’occasion pour les différents pays de donner leur vision du monde, de régler en coulisse quelques problèmes, voire quelques différents.
Portée sur les fonts baptismaux à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, en remplacement de la Société des Nations qui avait vécu et qui avait montré ses limites, l’ONU tente tant bien que mal depuis des siècles de contenir une paix mondiale et de promouvoir une paix partagée. Hélas, force est de constater que ce que le général de Gaulle avait méchamment qualifié de « Machin », n’arrive pas véritablement à accomplir sa vocation première : maintenir la paix et la sécurité, protéger les droits de l’homme, fournir de l’aide humanitaire, promouvoir le développement durable, garantir le droit international. Les foyers de tension se sont multipliés à travers le monde, et l’ONU ne parvient pas à les éviter, ou à éteindre l’incendie quand il s’est déclaré. Cela est dû en grande partie à l’antagonisme dans les grandes puissances, notamment les cinq pays qui disposent du droit de véto au Conseil de sécurité des Nations unies, les membres permanents de cette institution, à savoir, la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie (qui a succédé à l’Union soviétique), qui annihilent souvent bien d’initiatives qui pourraient être efficientes.
Du coup, le secrétaire général de l’Organisation internationale est devenu une espèce de garçon de course de luxe, qui prêche dans le désert et qui n’a pas toutes les cartes en main. Et rarement le multilatéralisme n’aura connu des moments difficiles que depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Le locataire de la maison ovale n’a jamais fait mystère de son dédain pour cette affaire qu’il s’attèle à détricoter, en retirant sa participation ou en réduisant sa contribution et ses appuis dans les organismes spécialisés comme l’UNICEF, l’OMS, l’USAID…
Il ambitionnait d’ailleurs entre-temps de créer un autre « Machin » parallèle à l’ONU, le fameux Conseil de paix. Une organisation internationale présentée comme une alternative ou un concurrent direct de l’ONU, où il rassemblerait ses amis et obligés. C’était à la limite un club select où pour siéger de manière permanente et éviter un mandat limité à trois ans, les Etats doivent s’acquitter d’une contribution financière d’un milliard de dollars.
Et l’Afrique dans tout ça ? L’ONU joue un rôle central mais complexe en Afrique, où se concentrent une grande partie de ses opérations de paix, de ses défis humanitaires et de ses programmes de développement. Certes, des pays comme le Lesotho, le Botswana et autres, sont censés avoir la même voix que les Etats-Unis, la France…
Mais en réalité, la tribune des Nations unies, bien que prestigieuse, permet à nos chefs d’Etat de s’écouter parler, souvent dans des salles vides. Ce ne sont pourtant pas les difficultés, les problèmes endémiques qui manquent sur le continent. Une guerre succédant à une autre, et aujourd’hui du Sahel à l’Est du Congo, en passant par le Soudan, le Soudan du Sud… de nombreux pays sont désorganisés, en raison de conflits qui perdurent, sans que la fameuse Communauté dite internationale ne puisse y faire grand chose.
Au regard de tout cela, une fois de plus, les dirigeants africains iront se donner l’illusion de l’importance. Pour certaines délégations c’est même souvent l’occasion de faire du shopping, de faire des emplettes pendant que les grands se chamaillent entre eux. Ainsi, va hélas le monde !
Source : L’Observateur Paalga
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