Pour concrétiser sa reconquête économique et transformer ses atouts naturels en prospérité mesurable pour les populations, le Mali s’appuie sur trois leviers majeurs.
A commencer par l’agro-industrie et l’eau. Avec plus de 2,2 millions d’hectares de terres irrigables identifiées et un statut de premier producteur de coton de la région, l’aménagement accéléré de l’Office du Niger et la création d’unités de filature/textile locales constituent la priorité pour la création d’emplois. Le second pilier repose sur la souveraineté minière. La mise en œuvre du nouveau Code minier exige désormais une transformation locale des ressources brutes. Le projet de raffineries nationales d’or et le traitement sur place du concentré de lithium à Goulamina doivent capter la valeur ajoutée au profit du budget national.
Le pays ne manque pas non plus d’atouts pour réaliser son rêve d’autonomie énergétique. Tirant parti d’un ensoleillement d’exception (5 à 7 kWh/m²/jour), le déploiement massif de centrales solaires (Sanankoroba, Safo, Kita…) vise à réduire le coût de l’électricité thermique pour offrir une énergie propre et accessible aux usines locales. Le développement de centrales solaires photovoltaïques à grande échelle peut permettred’alléger progressivement la dépendance aux centrales thermiques coûteuses et d’abaisser le prix du kilowattheure pour les entreprises locales.
Plus de 2,2 millions d’hectares de terres irrigablessont identifiés sur l’ensemble du territoire, dont seulement une fraction est actuellement aménagée à l’Office du Niger. Une mise en valeur intégrée permettrait de garantir la souveraineté alimentaire non seulement du Mali, mais de l’ensemble des pays de la Confédération de l’AES. Premier ou deuxième producteur de coton graine d’Afrique de l’Ouest selon les campagnes (dépassant fréquemment les 700 000 tonnes), le Mali n’égrène et ne transforme localement qu’une part marginale de sa récolte. La relance d’usines textiles modernes représente un réservoir de dizaines de milliers d’emplois pour la jeunesse.
Le Mali dispose également du premier cheptel de la sous-région UEMOA (plus de 15 millions de bovins et plus de 40 millions de petits ruminants). La modernisation de la chaîne du froid, la création d’abattoirs industriels aux normes internationales et la transformation laitière locale constituent des leviers de croissance d’exportation majeurs.
Soixante-six ans après la proclamation de l’indépendance par le président Modibo Keïta, le Mali se trouve face à un impératif historique. La reconquête de la souveraineté politique, militaire et diplomatique, matérialisée par l’engagement au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), ne trouvera sa pleine concrétisation que si elle s’accompagne d’une véritable souveraineté économique.
En valorisant ses immenses ressources minières (notamment le lithium et l’or), en exploitant pleinement le potentiel hydro-agricole du fleuve Niger et en investissant massivement dans la formation de sa jeunesse, le Mali a toutes les cartes en main pour redevenir le moteur de la prospérité qu’il fut à l’époque de l’AOF. La trajectoire est tracée : il s’agit désormais de transformer chaque atout naturel en usines, en emplois et en bien-être durable pour l’ensemble des citoyens maliens.
M. Bolly
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