En marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le Colonel-major Assa Badiallo Touré a représenté le Mali (le 24 septembre 2026) à la 8ᵉ édition de l’European Corporate Council on Africa and the Middle East (ECAM), consacrée à la place de l’Afrique dans l’économie mondiale.

« Notre ambition est claire : passer progressivement d’une logique de dépendance à une logique de capacité ; d’une logique d’assistance à une logique de partenariat ; et d’une logique de consommation à une logique de production » ! C’est ce qu’a déclaré le 24 septembre 2026 le ministre de la Santé et du Développement social, Colonel-major Assa Badiallo Touré, à la 8e édition de l’European Corporate Council on Africa and the Middle East (ECAM).
Réunissant plusieurs dirigeants et responsables gouvernementaux, la rencontre était consacrée à la place de l’Afrique dans le nouvel ordre mondial et l’économie de demain. Dans son intervention, le ministre a exposé les priorités du Mali pour bâtir un système de santé davantage fondé sur ses propres capacités. Production locale de médicaments et de produits de santé, modernisation de l’approvisionnement, renforcement du diagnostic et de la biologie médicale, transformation numérique et amélioration de la réponse aux épidémies figurent au cœur de cette orientation.
Cette volonté politique s’est manifestée notamment par l’organisation des Etats généraux de la Santé du 4 au 19 décembre 2024 à travers tout le territoire national afin de lieux cerner les besoins et hiérarchiser les investissements. Ainsi, environs 500 acteurs clés du secteur de la santé (administrateurs, responsables de santé publique, responsable communautaire… et partenaires) ont eu l’opportunité d’évaluer l’offre de soins, de dresser un état des lieux exhaustif et poser les bases de la refondation du système sanitaire malien.
Aujourd’hui, les observateurs s’accordent à reconnaître que, ces cinq dernières années, le Mali a réalisé d’importants progrès pour rapprocher les soins des populations. Des efforts marqués notamment par le lancement de 15 nouveaux projets d’hôpitaux et la reconnaissance internationale de son modèle de santé communautaire. L’État a récemment lancé un vaste chantier de construction de 15 hôpitaux pour structurer le système sanitaire sur l’ensemble du territoire. Il s’agit d’élargir le réseau national d’infrastructures sanitaires dans un pays qui compte environ 1 760 Centres de santé communautaire (CSCOM) et 65 Centres de santé de référence (CSRéf) permettant de renforcer l’accès aux soins de proximité. Ce qui lui vaut aujourd’hui une reconnaissance internationale. En effet, le Mali a remporté le prestigieux Prix Sasakawa pour la Santé décerné par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en mai 2026. Une distinction qui est la reconnaissance de la performance et de la résilience de son modèle de santé communautaire.

L’amélioration du plateau technique des hôpitaux se poursuit avec l’acquisition d’équipements de pointe. Ainsi, plusieurs établissements de référence à Bamako (comme l’Hôpital du Mali, le CHU d’odontostomatologie et l’Hôpital de dermatologie) ont reçu des équipements modernes, notamment des scanners, des appareils de radiologie numérique et des blocs opératoires renouvelés. Les autorités de transition et divers partenaires institutionnels mènent des opérations de dotation en matériel médical pour équiper les structures sanitaires du pays.
Toutefois, malgré ces efforts, le Mali affiche un score de 41 sur 100 sur l’indice de couverture des services de santé universelle de l’OMS (2024), se situant légèrement sous la moyenne du continent africain (44). Ainsi, malgré cette progression graduelle, notre pays continue de faire face à d’importants défis structurels et financiers. Les inégalités territoriales représentent l’un de ses défis majeurs. En effet, la grande majorité des équipements lourds et des spécialistes reste concentrée à Bamako, rendant l’accès aux soins de qualité difficile dans les régions intérieures et rurales.
L’insuffisance du plateau technique et la qualité des soins demeurent par endroits des doléances majeures exprimées par les citoyens, notamment lors du dialogue inter-maliens, dont la phase finale s’est déroulée du 10 au 12 mai 2024 au Centre international de conférences de Bamako (CICB). On sait aussi que la durabilité des équipements dépend fortement de la capacité de maintenance biomédicale et du financement pérenne du système de santé.
Face à ces défis, l’atout demeure la volonté politique et la détermination des autorités nationales de rapprocher les soins des populations, jusqu’au dernier kilomètre, à travers une offre de soins de santé primaires intégrée.
Naby
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