LE MINISTRE ABDOULAYE DIOP À LA TRIBUNE DE L’ONU: « La souveraineté du Mali nous est chère et n’est pas négociable »

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, est intervenu ce lundi 28 septembre 2026 à la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Une intervention centrée en partie sur les menaces sécuritaires qui planent sur le Mali et le Sahel.

« Le gouvernement du Mali réitère sa ferme condamnation du terrorisme international et de ses sponsors étatiques étrangers, qui financent, arment, fournissent la logistique et les renseignements à ce crime transnational organisé », a déclaré le ministre Diop. « Aujourd’hui, au-delà de nos États, d’autres sources, indépendantes, corroborent les agissements inacceptables de l’Ukraine… Les attaques complexes et coordonnées des 25 avril et 4 juillet 2026 dans plusieurs localités au Mali, ayant causé de nombreuses victimes, constituent la preuve d’une connexion dangereuse », a déploré le chef de la diplomatie malienne.

Toutefois, les dirigeants de l’AES sont plus que jamais déterminés « à poursuivre et à intensifier cette lutte contre le terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations ». À la tribune de l’ONU, Abdoulaye Diop n’a pas caché sa conviction que « la victoire contre le terrorisme, cette menace existentielle globale, appelle à la mutualisation des efforts et des moyens, mais aussi et surtout à une compréhension partagée du phénomène terroriste ».

Dans cette dynamique, le Mali, conformément aux principes et buts de sa politique extérieure, « continuera d’inscrire son action diplomatique dans la dynamique de promotion des relations de bon voisinage, de respect de la souveraineté, de respect mutuel, de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États et de règlement pacifique des différends », a-t-il assuré.

« Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, il n’y a pas de bons ou de mauvais terroristes », a ironisé Abdoulaye Diop. N’empêche que « l’État garde la main tendue à tous ceux qui sont prêts à déposer les armes et à rejoindre la République, conformément aux conclusions du Dialogue Inter Maliens et à la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale ». Le ministre des Affaires étrangères a informé que des milliers d’ex-combattants qui remplissent les conditions ont soit rejoint les rangs de nos Forces de défense et de sécurité, soit intégré des fonctions civiles.

« La souveraineté du Mali nous est chère et n’est pas négociable. Elle ne se limite pas à la défense du territoire mais doit également permettre à notre pays de maîtriser ses choix économiques, de contrôler et valoriser ses ressources naturelles, de renforcer son économie productive et de créer davantage d’opportunités pour sa jeunesse », a indiqué M. Diop dans son intervention. « Nous n’avons pas d’injonction à recevoir. Nous attendons plutôt une collaboration et un partenariat sain et sincère dans le respect mutuel », a-t-il précisé.

Par la voix du ministre Diop, le Mali s’est félicité du thème de la 81ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale, à savoir « Restaurer la confiance, accompagner les transformations : une Organisation des Nations Unies au service de tous ». Pour le chef de la diplomatie malienne, « ce thème est pertinent et d’actualité car, au-delà de la réflexion qu’il suscite sur la manière dont notre Organisation peut retrouver sa crédibilité et son efficacité dans un contexte international de crises multiples et de remise en cause du multilatéralisme, il appelle surtout à restaurer la confiance entre les États membres pour trouver des solutions communes et adaptées aux nombreux défis de notre temps ».

Il a profité de l’opportunité pour réaffirmer « l’attachement indéfectible » du pays à « un multilatéralisme réformé, fondé sur le strict respect des buts et des principes de la Charte des Nations Unies, notamment l’égalité souveraine des États, le respect de l’intégrité territoriale des États, l’interdiction du recours à la force, le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États. En nous éloignant de ces principes, nous nous rapprochons inéluctablement de cycles conflictuels ».

Moussa Bolly


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