Le Mali engage une nouvelle réorganisation de son dispositif de recherche sur les ressources naturelles. Réuni mercredi 30 septembre 2026 à Koulouba, le Conseil des ministres a adopté les projets de texte portant création, organisation et modalités de fonctionnement de l’Agence pour la Recherche et le Développement des Ressources minérales.
Cette nouvelle structure doit remplacer le Programme pour le Développement des Ressources minérales (PDRM), créé en 1990 pour exécuter les travaux de la Direction nationale de la Géologie et des Mines. Le PDRM intervient notamment dans la prospection géologique, minière et des hydrocarbures, ainsi que dans les travaux destinés à mettre en évidence des indices de minéralisation et de combustibles solides, liquides ou gazeux.
Selon le gouvernement, l’application du cadre actuel a fait apparaître plusieurs insuffisances, notamment concernant le statut du PDRM, l’évolution du cadre institutionnel et juridique du secteur minier et les mécanismes de mobilisation des ressources financières.
Autre limite relevée : la prise en compte insuffisante des activités de recherche pétrolière et gazière dans le dispositif existant. La réforme entend donc élargir et renforcer le champ d’action de la structure.
Le PDRM doit ainsi être érigé en établissement public à caractère scientifique et technologique, avec la création de l’Agence pour la Recherche et le Développement des Ressources minérales.
De la connaissance à la valorisation du sous-sol
La future agence aura une mission beaucoup plus large : rechercher, produire, sécuriser, valoriser et diffuser les connaissances géologiques, minières, pétrolières et gazières sur l’ensemble du territoire national.
L’enjeu est stratégique pour un pays dont l’économie minière occupe une place importante. Une meilleure connaissance du sous-sol permet notamment d’orienter les travaux d’exploration, d’identifier les potentialités et de disposer de données scientifiques nécessaires à la valorisation des ressources.
La réforme intervient également dans un contexte où le Mali cherche à développer davantage la connaissance de son potentiel en hydrocarbures. Le pays dispose déjà de l’Office national de la Recherche pétrolière (ONRP), créé en 2020, chargé notamment de contribuer à la mise en évidence et à l’évaluation du potentiel pétrolier et de promouvoir la recherche dans ce domaine.
La création de cette nouvelle agence pose ainsi la question de la coordination entre les différentes structures publiques intervenant dans la connaissance et l’exploration du sous-sol.
Au-delà du changement institutionnel, l’objectif affiché par le gouvernement est de disposer d’un outil scientifique et technique mieux adapté aux enjeux actuels des ressources naturelles. Pour le Mali, il s’agit désormais de transformer davantage la connaissance de son sous-sol en levier de recherche, d’exploration et de valorisation des ressources nationales.
Sory Diakité
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