Une nouvelle étape s’ouvre dans la digitalisation des paiements dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). À compter du 2 novembre 2026, les transactions interopérables de monnaie électronique entre personnes physiques devront obligatoirement passer par la Plateforme interopérable du Système de paiement instantané (PI-SPI) mise en place par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Lancée le 30 septembre 2025, la plateforme compte désormais 175 participants connectés et permet à plus de 38 millions de personnes d’accéder aux services de paiement instantané. La BCEAO présente cette évolution comme un levier destiné à renforcer l’inclusion financière et à faire de PI-SPI une infrastructure centrale des paiements instantanés dans l’espace communautaire.
La principale nouveauté concerne les conditions tarifaires. Pour les transferts nationaux effectués à l’envoi, les opérations dont le montant cumulé quotidien ne dépasse pas 8 000 FCFA par utilisateur et par participant seront gratuites, sans limitation du nombre de transactions. Selon la BCEAO, ce seuil couvre à lui seul environ 75 % des transactions de monnaie électronique dans l’UEMOA.
Au-delà de 8 000 FCFA, des frais pourront être appliqués aux transferts nationaux. Leur taux devra être compris entre 0 et 0,8 % du montant hors taxes de l’opération. En revanche, la réception des transferts restera entièrement gratuite, sans plafond de montant ni limitation du nombre d’opérations.
L’autre avancée majeure concerne les transferts entre les différents pays de l’UEMOA. La BCEAO prévoit que les transactions de monnaie électronique entre personnes physiques à l’échelle régionale bénéficieront des mêmes conditions tarifaires que les transferts nationaux. Cette évolution doit contribuer à rendre les paiements transfrontaliers plus accessibles et à faciliter les échanges financiers entre les populations de l’Union.
La mesure s’inscrit dans une ambition plus large : rendre les paiements numériques plus accessibles, plus rapides et moins dépendants des réseaux ou établissements utilisés. PI-SPI fonctionne en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La BCEAO indique également que les paiements peuvent être effectués à partir de différents outils, notamment les applications mobiles, les interfaces web ou les services USSD.
Au-delà de la gratuité, l’enjeu est donc celui de l’interopérabilité. Un utilisateur doit pouvoir transférer de l’argent à un bénéficiaire utilisant un autre établissement ou un autre service financier, sans que cette différence constitue un obstacle. La plateforme permet notamment l’utilisation d’un alias, tel qu’un numéro de téléphone ou une adresse de paiement, pour identifier le bénéficiaire.
Pour les banques, établissements de monnaie électronique, établissements de paiement, fintechs et institutions de microfinance, cette évolution implique également une adaptation des systèmes et des services proposés aux clients. La BCEAO avait d’ailleurs fixé des échéances de connexion différenciées pour les acteurs concernés, avec une attention particulière portée à la qualité et à la disponibilité des services.
Avec 175 participants connectés au 30 septembre 2026, PI-SPI franchit ainsi une nouvelle étape après une première année de fonctionnement. La réforme tarifaire et l’obligation d’utiliser la plateforme pour les transactions interopérables doivent désormais permettre de mesurer concrètement son impact sur les usages, les coûts des transferts et l’inclusion financière dans les huit pays de l’UEMOA.
Sory Diakité
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