Le dépôt des candidatures est terminé. Depuis ce week-end, plus aucun dossier ne peut être ajouté. À trois semaines de l’assemblée générale du 16 avril, le décor est planté : ils sont quatre à vouloir diriger Fédération Malienne de Football. Quatre profils qui n’avancent pas avec les mêmes armes.
Mahazou dit Baba Cisset arrive avec un argument que les délégués comprennent immédiatement : il gère déjà un club de Ligue 1, le FC Malicoura. Budget à équilibrer, joueurs à payer, staff à encadrer. Il dirige aussi une académie. Son équipe met en avant des chiffres, nombre de jeunes formés, encadrement technique, fonctionnement administratif. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est vérifiable. Reste à savoir si gérer un club suffit pour convaincre à l’échelle fédérale.
En face, Djeneba Diallo ne joue pas sur le même registre. Elle n’a pas derrière elle un appareil structuré comme certains concurrents. Mais elle arrive avec un vécu que les instances ont longtemps laissé à distance : celui du terrain, version joueuse. Son entourage insiste sur un point précis, la place des anciennes internationales dans les décisions. Dans certaines ligues, ça parle. Dans d’autres, ça dérange encore.
Amadou Mahamane Sangho, lui, connaît les failles du système pour les avoir commentées pendant des années. Il met sur la table des engagements concrets : publication régulière des finances, clarification des subventions, communication directe avec les clubs. Sur le papier, c’est carré. Mais une question revient dans les discussions privées : est-ce qu’un journaliste peut tenir face aux jeux d’influence internes ?
Dernier candidat, Badra Ali Keïta. Moins exposé médiatiquement, mais très présent dans les réseaux. Il connaît les circuits administratifs, les équilibres fragiles entre ligues. Ses partisans avancent un mot : stabilité. En clair, éviter les crises à répétition. D’autres traduisent autrement : continuité, voire immobilisme.
Tout ça reste suspendu à une date très proche. Le 25 mars. La commission électorale indépendante va ouvrir chaque dossier, vérifier ligne par ligne. Diplômes, expériences, conformité aux textes. Un détail administratif peut suffire à éliminer un candidat. Ce n’est pas théorique, ça s’est déjà vu.
Si les quatre passent, la campagne sera courte, presque brutale. Trois semaines. Pas de grands rassemblements, mais des visites ciblées : Bamako, Sikasso, Kayes, Mopti. Des réunions fermées avec les responsables de clubs, parfois tard le soir. Des promesses aussi, plus ou moins assumées.
Le vote du 16 avril ne se jouera pas sur des slogans. Il se décidera sur des engagements précis, souvent négociés en coulisses. Qui garantit quoi ? Qui peut débloquer des moyens ? Qui a déjà aidé un club en difficulté ?
À la fin, un seul nom sortira. Et il n’aura pas le luxe de découvrir le poste tranquillement. Les clubs attendent des réponses rapides : subventions, compétitions mieux organisées, arbitrage moins contesté.
Le football malien ne manque pas d’idées. Ce qui lui manque, c’est quelqu’un capable de les exécuter sans se perdre en route.
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