Yaoundé : en amont de la conférence de l’OMC, Bamako active le levier de la propriété intellectuelle

À trois jours de l’ouverture de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce, prévue le 26 mars à Yaoundé, le Mali ne s’est pas contenté d’attendre les débats officiels. Sur place depuis le week-end, Moussa Alassane Diallo a entamé une série de rencontres ciblées.

L’une d’elles s’est tenue en marge des préparatifs, loin des salles de conférence encore en cours d’installation. Face à lui, le Directeur général de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle. Un échange discret, mais orienté sur des sujets très concrets.

Au cœur des discussions : la protection des produits maliens. Derrière cette formule, une problématique précise. Plusieurs productions locales textiles, produits agricoles transformés, savoir-faire artisanaux circulent sans véritable encadrement juridique sur certains marchés. Résultat : difficulté à garantir l’origine, à fixer des standards, à protéger les producteurs contre les imitations.

Le ministre a insisté sur un point particulier : la nécessité d’outils opérationnels. Pas seulement des textes. Il s’agit de faciliter l’enregistrement des indications géographiques, d’accompagner les acteurs locaux dans les démarches administratives, et surtout de rendre ces dispositifs accessibles en dehors de Bamako. Une question de terrain.

Du côté de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle, l’accent a été mis sur l’appui technique. Formation des cadres, structuration des filières, sensibilisation des producteurs. Des éléments déjà évoqués par le passé, mais qui peinent encore à se traduire partout de manière uniforme.

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte plus large. À l’approche de la conférence de l’Organisation mondiale du commerce, les questions liées à la compétitivité des économies africaines reviennent avec insistance. Pour le Mali, la valorisation des produits locaux n’est plus seulement un enjeu économique. C’est aussi une manière de mieux se positionner dans les échanges internationaux, avec des produits identifiables, protégés et reconnus.

Aucune annonce formelle n’a été faite à l’issue de l’entretien. Pas d’accord signé, ni de calendrier dévoilé. Mais les deux parties ont convenu de maintenir un cadre de travail régulier, avec des points de suivi sur des dossiers spécifiques.

À Yaoundé, avant même l’ouverture officielle des travaux, les discussions ont déjà commencé. Et elles se jouent parfois en dehors des projecteurs.


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