Mali-Côte d’Ivoire : vers une reprise de la coordination sécuritaire aux frontières

Le Mali et la Côte d’Ivoire tentent de renouer leurs relations sécuritaires après plusieurs années de tensions diplomatiques. Le séjour à Bamako de Vassiriki Traoré, coordonnateur national du renseignement ivoirien, du 15 au 17 octobre 2026, ouvre une nouvelle séquence de discussions autour de la lutte contre le terrorisme et du partage de renseignements entre les deux pays. 

À l’invitation de son homologue malien, le général Modibo Koné, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE), le responsable ivoirien effectue cette visite de travail dans un contexte où la menace des groupes armés au Sahel préoccupe également les pays côtiers. Les échanges doivent notamment permettre d’examiner les possibilités de relance de la coopération sécuritaire.

Cette démarche intervient après plusieurs années de relations difficiles entre Bamako et Abidjan, marquées notamment par l’affaire des 49 militaires ivoiriens arrêtés au Mali en juillet 2022. Cet épisode avait profondément affecté la confiance entre les deux capitales. Les militaires avaient finalement été graciés par les autorités maliennes en janvier 2023.

Au-delà des différends diplomatiques, les deux pays partagent des préoccupations sécuritaires communes. La progression de groupes armés dans certaines zones du Mali et du Burkina Faso fait peser des risques sur les régions frontalières du nord de la Côte d’Ivoire.

Dans ce contexte, le renforcement du partage de renseignements et de la coordination entre les services de sécurité pourrait contribuer à mieux prévenir les menaces transfrontalières. La coopération entre les pays voisins constitue ainsi un enjeu important pour limiter les possibilités de circulation et d’implantation des groupes armés.

La dimension économique renforce également l’intérêt de cette démarche. Le Mali, pays enclavé, dépend de corridors régionaux pour ses importations et ses exportations. L’axe reliant Bamako au port d’Abidjan représente notamment une voie commerciale importante. Sa sécurisation constitue donc un enjeu pour les opérateurs économiques et l’approvisionnement du marché malien. 

La visite de Vassiriki Traoré s’inscrit dans une dynamique d’ouverture déjà exprimée par Abidjan. En juin 2026, le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, avait manifesté la disponibilité de son pays à reprendre la coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso.

Pour autant, cette reprise du dialogue ne signifie pas que les divergences politiques entre Bamako et Abidjan sont résolues. La portée du rapprochement dépendra des résultats des discussions, des éventuels engagements pris et de leur mise en œuvre concrète.

Au-delà du renseignement et de la sécurité, le rétablissement progressif de la confiance nécessitera également un dialogue régulier entre les deux pays. Pour l’heure, aucun détail public suffisamment précis ne permet de confirmer la conclusion d’un nouvel accord opérationnel ou la reprise effective d’opérations militaires conjointes.

La visite du responsable ivoirien constitue donc une étape dans la recherche d’une coopération plus étroite face à une menace qui dépasse les frontières nationales.

Sory Diakité


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