La Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont engagé, samedi 17 octobre 2026 à Dakar, leurs premières négociations formelles. Cette rencontre marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux organisations, qui cherchent à définir les bases d’une coopération tenant compte de leurs positions respectives et des intérêts des populations ouest-africaines.

Les travaux réunissent des délégations ministérielles des deux espaces, notamment des responsables des Affaires étrangères, ainsi que des représentants de l’Union africaine et des Nations unies. La cérémonie d’ouverture a été coprésidée par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, représentant la présidence en exercice de l’AES, et son homologue sénégalais, au nom de la présidence en exercice de la CEDEAO.
Le Mali est représenté par le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher. Sa participation intervient après les concertations préparatoires organisées à Ouagadougou les 14 et 16 octobre, destinées à harmoniser les positions des pays de l’AES avant l’ouverture des discussions avec l’organisation ouest-africaine.

À l’ouverture des travaux, Karamoko Jean Marie Traoré a appelé à des discussions franches et sincères, guidées par les intérêts des populations de l’AES et de la CEDEAO. Il a notamment insisté sur la nécessité de préserver les liens historiques, sociaux et économiques entre les peuples de la région, au-delà des divergences institutionnelles.
Le médiateur en chef de la CEDEAO auprès de l’AES, Lansana Kouyaté, a également plaidé pour un dialogue fondé sur la responsabilité et l’ouverture d’esprit, afin de parvenir à des solutions durables.
De leur côté, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Simão, ainsi que l’envoyé spécial de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, ont exprimé leur soutien à cette initiative de dialogue.
Les discussions doivent notamment porter sur la libre circulation des personnes et des biens, la sécurité, les infrastructures, le développement économique, les questions juridiques et institutionnelles, ainsi que l’accès à l’assistance humanitaire.

Pour les deux organisations, l’enjeu consiste à examiner les modalités d’une collaboration malgré leurs différences politiques et institutionnelles. Les échanges commerciaux transfrontaliers, la transhumance et la mobilité des populations constituent des domaines particulièrement sensibles, compte tenu de l’interdépendance des économies et des communautés de la sous-région.
La question sécuritaire occupe également une place importante, dans un contexte où les menaces transfrontalières nécessitent une coordination entre les États voisins.
L’ouverture de ces négociations ne signifie toutefois pas qu’un accord a déjà été conclu. Elle établit plutôt un cadre destiné à permettre aux deux parties de présenter leurs priorités, de mieux comprendre leurs positions respectives et d’identifier d’éventuels mécanismes de coopération.
La portée de cette initiative dépendra donc des résultats des discussions et de la capacité des deux organisations à traduire leurs engagements en mesures concrètes. L’objectif affiché reste de préserver les relations entre les populations ouest-africaines tout en tenant compte des choix souverains des États concernés.
Sory Diakité
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