VIOLENCE DANS LE CENTRE DU MALI : plus de 3 400 personnes se sont réfugiées dans la ville de Macina

Après les attaques récentes contre plusieurs villages (Souley, Taoura, etc.) dans le cercle de Macina, plus de 3 400 personnes se sont déplacées dans la ville de Macina. Ces nouveaux déplacés s’ajoutent aux anciens estimés à plus de 5 000 personnes. Une situation qui nécessite la mobilisation des organisations humanitaires comme Médecins Sans Frontières (MSF) dont les équipes interviennent déjà pour apporter une assistance en soins de santé pour les déplacés.

La situation est critique à Macina en raison de l’afflux de nouvelles personnes déplacées fuyant les attaques violentes dans le centre du pays. En effet, depuis le début du mois de septembre, cette zone est le théâtre d’une recrudescence des violences qui a fait des dizaines de victimes et provoqué le déplacement de milliers de personnes.

Plus de 3400 déplacés ont rejoint Macina, petite ville aux abords du fleuve Niger. Founé a par exemple fui Touara avec sa famille, en laissant tout derrière elle. « Nous avons entendu des tirs au moment de la prière vers 16h et ça a duré jusqu’à 20 heures, raconte-t-elle. Des hommes armés sont parvenus à entrer dans le village et tout le monde a paniqué. Nos maris nous ont fait partir en pirogue avec les enfants, au milieu de la nuit », a-t-elle confié à une équipe de MSF.

À Macina, Founé et sa famille ont trouvé refuge chez un parent qui partage sa maison avec une quarantaine de déplacés, tous choqués par les attaques. « La nuit j’entends encore les coups de feu de cette attaque. Nous n’avons pas pu enterrer certains de nos proches, leurs corps sont encore au village », a témoigné Founé, hantée par les images de l’attaque.  

Cela entraîne notamment l’accroissement des besoins en matière d’abris, de vivres, d’eau potable, de soins, d’assistance psychosociale et de protection. Une situation aggravée par le manque de soutien des acteurs humanitaires sur place. Face à ce nouveau flux de déplacés, MSF a mis en place une clinique mobile dans la ville de Macina, où converge un grand nombre de familles. Elle prend en charge environ 150 patients chaque jour. Cette unité de prise en charge a été déployée en appui aux structures du ministère de la Santé et du Développement social

« Nous constatons principalement des infections respiratoires liées aux conditions de vie des déplacés, ainsi que des cas de paludisme. Parmi les déplacés, beaucoup n’ont pas d’abris et manquent de latrines et de points d’eau », explique Hussein Younoussa,responsable des activités d’urgence de MSF. La majorité des déplacés qui viennent en consultation sont des femmes et des enfants. En quinze jours, les équipes de MSF ont pris en charge 2 131 personnes, dont 662 femmes et 591 enfants.

La plupart des déplacés vivent dans des familles d’accueil, qui leur ont ouvert leurs portes, mais qui ne sont pas en mesure de subvenir à l’ensemble de leurs besoins. D’autres vivent dans la rue alors que, chaque jour, la localité voit arriver de nouvelles personnes. Cela exerce une pression très forte sur des ressources locales limitées, car Macina accueillait déjà plus de 5000 déplacés avant cette nouvelle escalade de violences. Abris, vivres, eau potable… Tout manque et le risque d’épidémies inquiète les autorités de la ville. 

Des kits d’urgence fournis par MSF à l’hôpital de Macina ont par ailleurs permis d’assurer la prise en charge de 25 patients blessés lors de l’attaque contre Touara le 15 septembre dernier. Ces attaques ont entraîné une contre-offensive militaire et une escalade de la violence dans le centre du Mali. 

Cette vague de violences et de déplacements intervient alors qu’un certain nombre d’organisations humanitaires se sont malheureusement désengagées de la zone de Macina en raison d’un manque de financement.

Naby Avec MSF

 


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