Koutiala – La parole a pris le relais des discours officiels, et pendant quelques heures, la culture s’est faite conversation directe avec la jeunesse. Ce samedi 14 mars 2026, la ville de Koutiala a accueilli une nouvelle étape des conférences Faso Baro Kènè, une initiative pensée pour remettre au centre du débat public les valeurs qui structurent la société malienne.

L’activité s’inscrit dans la dynamique de l’Année de la Culture 2025, prolongée à travers plusieurs rencontres à l’intérieur du pays. Après Ségou, Niono et Markala, c’est au tour de la cité cotonnière d’ouvrir ses portes à ces échanges consacrés à la paix, au vivre-ensemble et aux repères sociaux hérités des générations précédentes.
Dans une salle attentive, la première intervention a été assurée par Bocar Coulibaly. Son propos s’est concentré sur la question de la paix et des relations sociales dans la communauté. Il a rappelé que la cohésion ne se construit pas seulement dans les institutions, mais dans les gestes quotidiens : la manière de se parler, de régler un différend ou de préserver la parole donnée.
Le deuxième temps de la rencontre a donné la parole à Adama Ben Chérif Diarra. Autour du thème « Maaya ni Danbé, Bôkolo ni Fasia », il a abordé des notions profondément ancrées dans la culture malienne. La discussion a porté sur la responsabilité individuelle, le respect de soi et de l’autre, mais aussi sur la transmission de ces repères dans un contexte où les jeunes générations évoluent dans un environnement social et médiatique beaucoup plus large que celui de leurs aînés.
Les interventions ont laissé place à des échanges avec les participants, majoritairement des jeunes venus écouter, mais aussi questionner. Plusieurs ont soulevé les tensions entre les valeurs traditionnelles et les réalités actuelles, notamment l’influence des réseaux sociaux et les transformations rapides des modes de vie.
La journée ne s’est pas arrêtée aux conférences. Les participants ont ensuite pris la direction de plusieurs sites touristiques de la ville. L’objectif était simple : reconnecter les jeunes avec l’histoire locale, souvent connue de manière fragmentaire.
À travers ces rencontres, les initiateurs du programme cherchent moins à délivrer des leçons qu’à rouvrir un espace de dialogue entre mémoire et présent. À Koutiala, la discussion a rappelé une chose : les valeurs dont on parle tant n’existent réellement que si quelqu’un prend le temps de les expliquer, de les contester parfois, mais surtout de les transmettre.
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