Il n’y a pas de distance entre l’annonce et la réalité, cette fois. En Commune VI du District de Bamako, les bœufs sont là, visibles, comptés cent au total. Pas une promesse, une remise effective, organisée ce 18 mars sous la supervision de Assa Badiallo Touré.

Les déplacés présents ne viennent pas d’un seul endroit. Gao, Mopti, Tombouctou… les origines se mélangent. Beaucoup vivent aujourd’hui dans des conditions serrées, souvent dépendants d’aides irrégulières. Ici, le don ne passe pas par des intermédiaires compliqués : il est attribué, puis pris en charge pour être abattu et réparti.
Le coordinateur des chefs de quartier de la Commune VI ne s’étend pas. Il insiste sur un point : ce type d’appui arrive au moment où les dépenses explosent avec la fête. Sans cela, certaines familles auraient simplement sauté cette étape pas de viande, pas de repas festif.
Du côté de la mairie, le discours est plus direct encore. Le représentant communal parle de nécessité. Pas dans un sens abstrait : les prix sur les marchés ont augmenté, et pour un ménage déplacé sans revenus fixes, acheter un bœuf ou même une part reste hors de portée.

Le porte-parole des bénéficiaires, lui, ne cherche pas à construire un discours. Il parle de ce qui va changer immédiatement : cuisiner, partager, manger autre chose que les repas habituels. Pour beaucoup, c’est ce détail qui compte.
La ministre rappelle que l’initiative s’inscrit dans une dynamique portée par Assimi Goïta et Abdoulaye Maïga. Mais sur le terrain, ce sont surtout les effets immédiats qui se voient.
Après la distribution, le rythme ralentit. Des bénédictions sont prononcées. Le directeur national du développement social remet des Corans, un geste symbolique qui tranche avec l’aspect très matériel de la première partie.
Puis chacun repart. Avec une part à gérer, à cuisiner, à partager.
Mais il faut être lucide : cent bœufs, même bien répartis, ne changent pas la situation de fond. Ils couvrent quelques jours, pas davantage. Ce qui se joue ici, c’est une parenthèse importante pour ceux qui en bénéficient, mais qui ne remplace pas une réponse durable aux difficultés des déplacés internes.
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