À Bamako, les représentants de SYNAPHARM et de SYNAPPO sont revenus avec des dossiers précis : factures en attente, montants non réglés, délais qui s’allongent.

Face à eux, Assa Badiallo Touré. Deuxième rencontre en peu de temps, preuve que le problème ne peut plus être repoussé. Certaines officines commencent à sentir l’impact directement : commandes réduites, tensions avec les fournisseurs, et parfois des ruptures sur certains produits.
Le point le plus sensible reste le remboursement des prestations déjà effectuées. Les pharmaciens ne demandent pas de nouvelles mesures, mais simplement d’être payés pour ce qui a été livré. Derrière cette revendication, il y a une chaîne entière qui peut se gripper : si les pharmacies n’encaissent pas, elles limitent leurs achats, et au final ce sont les patients qui se retrouvent face à des rayons moins fournis.
La discussion a aussi dévié vers la régulation. Certains acteurs dénoncent des circuits parallèles qui fragilisent le secteur, avec des produits qui échappent au contrôle classique. Là-dessus, les syndicats attendent des décisions claires, pas seulement des intentions.
Du côté du ministère, des pistes ont été évoquées pour débloquer la situation financière. Rien de détaillé publiquement, mais une volonté affichée d’accélérer les paiements. Reste à voir à quel rythme cela se traduira sur le terrain.
Les représentants syndicaux, eux, restent prudents. Ils saluent le fait d’être écoutés, mais ne cachent pas que le vrai test sera ailleurs : dans les jours qui viennent, lorsque les premières factures commenceront ou non à être réglées.
Parce qu’au fond, tout se joue là. Les réunions peuvent s’enchaîner, mais tant que l’argent ne circule pas, la pression reste intacte.
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