La réunion s’est tenue sans détour, ce lundi 23 mars 2026, dans les locaux du ministère en charge de la Culture. Autour de la table, les acteurs clés du programme CulturAct 1 étaient réunis pour une première séance de cadrage qui devait aller au-delà des intentions. À la présidence, le ministre Mamou Daffé. En face, Claude Wandeler et l’équipe technique, venus avec un objectif précis : faire valider l’architecture du programme avant son déploiement effectif.

Le programme a été présenté sans détour : faire de la culture autre chose qu’un secteur d’expression, en l’utilisant comme point d’appui pour agir sur les territoires. Concrètement, cela passe par des projets localisés, déjà amorcés dans certaines zones, où des initiatives culturelles servent à recréer du lien social tout en générant des revenus.
Quelques exemples ont été évoqués pendant la réunion : appui à des collectifs artistiques locaux, structuration d’activités autour de la transformation artisanale, accompagnement de projets culturels capables d’attirer du public au-delà de leur cercle habituel. Rien de spectaculaire, mais des actions ciblées, pensées pour fonctionner dans des contextes fragiles.
Très vite, une difficulté a émergé. Lancer quelques projets pilotes reste relativement simple. Les reproduire à plus grande échelle, beaucoup moins. Comment passer d’initiatives isolées à un dispositif capable de couvrir plusieurs régions sans perdre en efficacité ? La question est restée ouverte, mais elle a occupé une bonne partie des discussions.
Autre point abordé, plus sensible : la capacité réelle des acteurs culturels à porter ces projets. Sur le terrain, beaucoup fonctionnent sans structure solide, avec peu de moyens et une organisation parfois fragile. Le programme prévoit de les soutenir, mais cela implique un travail en profondeur formation, encadrement, suivi qui ne produit pas de résultats immédiats.
La coordination a également été mise sur la table. Plusieurs initiatives culturelles existent déjà, financées par différents partenaires. Sans un minimum d’organisation, le risque est simple : des projets qui se superposent, d’autres zones laissées de côté. L’équipe du programme devra donc cartographier ce qui existe et éviter de travailler à l’aveugle.
Dans ce dispositif, la Coopération suisse ne se contente pas d’un rôle d’appui financier. Elle attend des résultats mesurables. Pas seulement des activités réalisées, mais des effets identifiables : fréquentation, revenus générés, participation locale. Ce niveau d’exigence change la manière de piloter le programme.
Le ministre Mamou Daffé n’a pas multiplié les formules. Il a validé l’orientation générale, tout en insistant sur un point simple : le programme sera jugé sur ce qu’il produit réellement sur le terrain. Derrière l’idée de culture au service du développement, il attend des résultats visibles, notamment dans les zones où le tissu social reste fragile.
La réunion s’est terminée sans annonce particulière, mais avec une feuille de route implicite. Le programme est désormais lancé. La suite dépendra moins des intentions que de la capacité à transformer ces premières orientations en actions suivies, coordonnées, et surtout utiles pour ceux qui sont censés en bénéficier.
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