Bamako, 24 mars 2026 — Dans une salle sobre du Ministère de la Santé et du Développement social, les échanges ont pris une tournure à la fois technique et engagée. Face au Secrétaire général et à ses proches collaborateurs, la délégation conduite par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Bamako n’est pas venue pour une visite de courtoisie. L’objectif était clair : revisiter, sans détour, les lignes de coopération et mesurer les marges d’évolution.

La rencontre démarre vite. Les responsables du ministère entrent dans le vif : comment se construit, concrètement, la collaboration avec l’OMS ? On parle de projets déjà lancés, pas sur le papier mais sur le terrain? suivi des indicateurs sanitaires, appui technique dans certaines régions, coordination avec les services centraux. Les échanges deviennent plus précis quand il est question de digitalisation : systèmes de remontée des données, outils numériques encore fragmentés, tentatives d’harmonisation qui peinent parfois à suivre le rythme.
Oumou Maliki TEMEBELY écoute, prend des notes, intervient à certains moments. Son profil intrigue moins qu’il n’intéresse : informatique et télécommunications, une formation qui colle exactement aux besoins évoqués dans la salle. À plusieurs reprises, les discussions glissent vers les limites actuelles, connexions instables dans certaines zones, difficultés d’exploitation des données collectées, manque de passerelles entre plateformes. Ce sont ces détails-là qui captent son attention.
Loin d’une visite symbolique, l’immersion se transforme en véritable séance de travail. On ne lui épargne pas les contraintes. On lui montre aussi ce qui avance : des outils testés pour améliorer la traçabilité des informations sanitaires, des réflexions en cours pour intégrer davantage de solutions locales. Les cadres insistent sur un point : sans technologie adaptée, difficile de suivre efficacement certaines situations sur le terrain.
Après plusieurs heures, l’étudiante ressort avec une vision plus nette, moins théorique. Elle évoque des échanges “directs”, parfois techniques, mais surtout utiles. Ce qui la marque, ce n’est pas seulement l’importance du numérique dans la santé, mais la place que les autorités semblent prêtes à accorder aux jeunes profils capables d’apporter des réponses concrètes.
Avant de quitter les lieux, elle glisse qu’elle ne compte pas garder cette expérience pour elle. L’idée, dit-elle, c’est de la partager avec ses camarades de l’École nationale d’ingénieurs Abderrahmane Baba Touré, avec son cercle proche. Une façon d’élargir l’impact de cette journée, bien au-delà d’une simple audience.
Dans les couloirs du ministère, une impression persiste : celle d’un secteur en pleine transition, où les discours sur l’innovation commencent, doucement, à se traduire en échanges réels avec ceux qui maîtrisent les outils. Reste à voir si ces passerelles, ouvertes le temps d’une immersion, tiendront dans la durée.
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