Ce jeudi 26 mars 2026, au pied du Monument des Martyrs à Bamako, le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs en mémoire des victimes des événements du 26 mars 1991. Le geste, sobre mais chargé de sens, s’est inscrit dans une cérémonie marquée par la présence de plusieurs membres du gouvernement et des chefs d’institutions de la République.

Après le dépôt, Abdoulaye Maïga a pris la parole. Et très vite, il a quitté le registre purement commémoratif. Il a parlé de ce qui, selon lui, n’a pas fonctionné. Pas dans l’abstrait, mais dans la pratique même de la démocratie malienne. Il a évoqué des dérives, des insuffisances accumulées, qui ont fini par fragiliser l’État au point d’alimenter la crise que le pays a traversée.
Dans son propos, il n’était pas question de remettre en cause le 26 mars comme repère historique. Au contraire. Mais plutôt de dire que l’héritage n’a pas toujours été à la hauteur des attentes. D’où, a-t-il expliqué, la nécessité de « reprendre à la base ». C’est dans ce cadre qu’il a replacé les Assises de la Refondation. Une démarche présentée comme un moment où les Maliens ont été invités à parler franchement, sans cadrage rigide, pour poser un diagnostic direct.

Le Premier ministre a ensuite enchaîné sur des éléments plus concrets. Il a cité la nouvelle Constitution adoptée le 22 juillet 2023, la révision du code minier avec une attention particulière portée au contenu local, ainsi que les évolutions enregistrées sur le plan sécuritaire. Des points précis, évoqués pour illustrer ce qu’il considère comme des résultats déjà visibles.
Il a aussi mentionné la vision à long terme portée par les autorités, le programme « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma ». Là encore, sans s’étendre, mais en l’inscrivant comme une direction fixée, pas comme une promesse abstraite.
Le ton est resté ferme jusqu’à la fin. Abdoulaye Maïga a insisté sur un point : pour lui, le processus de refondation ne fera pas marche arrière. Il a parlé d’un cap maintenu, malgré les pressions extérieures et les difficultés internes. Dans la même phrase, il a salué les Maliens, évoquant leur capacité à tenir face aux contraintes quotidiennes.

Puis un appel, assez direct : rester vigilants. Parce que, a-t-il dit en substance, le « Mali Kura » ne se décrète pas, il se construit dans la durée, avec des choix politiques assumés.
La cérémonie s’est achevée comme elle avait commencé : sans emphase. Mais avec cette impression que, cette année, le 26 mars n’a pas seulement servi à regarder en arrière. Il a aussi été utilisé pour expliquer, voire justifier, une trajectoire en cours.
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