Justice : vingt ans de réclusion pour cinq figures clés dans le dossier Paramount-Embraer

Le verdict est tombé au terme d’un procès particulièrement scruté. La chambre criminelle en transport de la Cour d’appel de Bamako a condamné, ce vendredi, Boubou Cissé, Tiéman Hubert Coulibaly, Mamadou Igor Diarra, Babaly Bah et Mamadou Lamine Diakité à vingt ans de réclusion criminelle dans l’affaire dite « Paramount-Embraer ».

Les audiences ont été marquées par un va-et-vient constant entre documents techniques et échanges parfois vifs. Parmi les éléments examinés : des contrats liés à l’achat d’équipements militaires et d’aéronefs, des correspondances administratives, ainsi que des pièces versées tardivement au dossier, qui ont relancé certaines discussions en pleine audience. À plusieurs reprises, les débats se sont attardés sur les procédures de validation des marchés et sur le rôle précis de chaque accusé dans la chaîne de décision.

Le parquet, lui, n’a pas varié. Il a pointé des anomalies dans la passation des contrats, insistant sur des écarts relevés entre les montants engagés et les prestations attendues. Les représentants du ministère public ont également évoqué des responsabilités individuelles, cherchant à établir des liens directs entre les décisions prises et les fonctions occupées à l’époque des faits.

En face, la défense a tenté de démonter, point par point, cette lecture. Les avocats ont contesté la solidité de certaines pièces, dénoncé des interprétations jugées hâtives et insisté sur l’absence, selon eux, d’éléments matériels suffisants pour caractériser des infractions pénales. À la barre, certains accusés ont pris la parole longuement, revenant sur le contexte sécuritaire du moment et sur les contraintes qui entouraient les décisions incriminées.

Quand la cour s’est retirée pour délibérer, l’issue restait incertaine. Mais à la reprise, la lecture du verdict a été sans ambiguïté : culpabilité retenue pour les cinq principaux accusés, et une sanction lourde, vingt ans de réclusion pour chacun.

Reste encore une zone d’ombre. Le détail des réparations civiles, tout comme le sort réservé aux autres personnes impliquées dans la procédure, n’a pas été développé à ce stade. Il faudra attendre la version complète de la décision pour comprendre l’ensemble des implications juridiques de ce jugement.


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