𝐊𝐚𝐲𝐞𝐬 : 𝐮𝐧 𝐢𝐧𝐜𝐞𝐧𝐝𝐢𝐞 𝐦𝐞𝐮𝐫𝐭𝐫𝐢𝐞𝐫 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐞𝐫𝐠𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐟𝐥𝐞𝐮𝐯𝐞 𝐒𝐞́𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐥

Ça a commencé sans bruit, puis tout s’est emballé. Sur la berge du fleuve Sénégal ce mardi 1 avril, au niveau du « site des Bozos », une flamme, puis une autre. En fin de matinée, le vent a fait le reste. Les abris en bois et en paille ont pris feu presque d’un coup, les uns après les autres, comme si tout était déjà prêt à brûler.

Des riverains racontent avoir vu les premières flammes longer les installations de pêche avant de remonter vers les habitations. Très vite, la chaleur est devenue intenable. Certains ont tenté de sortir des matelas, des bassines, quelques sacs. D’autres ont couru chercher de l’eau, sans vraiment réussir à ralentir l’incendie.

Le feu n’est pas resté sur la berge. Il a avancé, jusqu’aux abords du centre commercial. Là, la peur a changé de nature. Si les boutiques prenaient, tout le quartier pouvait basculer. Les sapeurs-pompiers sont intervenus pendant que des jeunes formaient des chaînes improvisées pour arroser les zones encore épargnées.

Le bilan est tombé ensuite. Quatre personnes touchées. Trois décès, tous d’une même famille. L’information a circulé vite, brutalement. Une autre personne a été évacuée, blessée, direction les soins. Autour, plusieurs concessions détruites, des biens perdus sans possibilité de récupération. Sur place, il ne reste parfois que des tôles noircies et des morceaux de bois calcinés.

Dans la foulée, le gouverneur de la région de Kayes, Moussa Soumaré, a réagi. Le communiqué parle d’émotion, mais sur le terrain, ce sont surtout des visages fermés, des gens assis devant ce qui était leur maison quelques heures plus tôt. Le gouverneur a adressé ses condoléances à la famille frappée, et un message de soutien aux autres victimes.

Les secours et les forces de sécurité ont été salués pour leur mobilisation. Plusieurs témoins confirment qu’ils ont empêché le feu d’aller plus loin. Sans cette intervention, le centre commercial voisin aurait pu être touché.

Pour l’instant, aucune cause officielle. Ce qui est sûr, c’est la rapidité avec laquelle tout s’est propagé. Trop de matériaux inflammables, trop peu de distance entre les installations.

Une évaluation est en cours. Il faudra chiffrer, recenser, comprendre. Mais déjà, une autre urgence se pose : où vont aller ceux qui ont tout perdu ?

Le gouverneur appelle au calme, à la solidarité. Sur place, l’entraide a commencé sans attendre. Des voisins hébergent, d’autres apportent de quoi manger. Parce qu’après le passage du feu, il ne reste pas grand-chose à part les gens.


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