Ce mardi 7 avril 2026, le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a reçu le Directeur général de l’Organisation internationale du travail, Gilbert F. Houngbo, en déplacement à Bamako dans le cadre d’une tournée sous-régionale.

Parmi les points abordés, il y a ces outils que l’OIT met à disposition des États. Sur le papier, ils existent déjà : systèmes de suivi des conflits sociaux, mécanismes d’alerte au niveau des inspections du travail, cadres de concertation entre syndicats et employeurs. Mais dans les faits, certains restent peu utilisés. Manque de formation dans les services, rotation du personnel, ou simplement absence de remontée d’informations depuis le terrain. Ce sont ces décalages-là qui ont été évoqués.
Le ministre du Travail, Fassoum Coulibaly, présent lors de l’audience, a insisté sur un point précis : adapter ces dispositifs aux réalités locales. Parce qu’un outil conçu à l’échelle internationale peut vite devenir inefficace s’il ne correspond pas aux pratiques quotidiennes des agents sur le terrain.
Gilbert F. Houngbo n’a pas pris de détour pour aborder la question de l’emploi des jeunes. Il a évoqué des situations concrètes : des diplômés qui enchaînent les stages sans débouché, des jeunes qui basculent dans l’informel faute d’alternative, ou encore des zones où les opportunités restent quasi inexistantes en dehors des activités saisonnières. Pour lui, traiter ce sujet à part ne suffit plus. Il faut que chaque politique publique formation, investissement, développement local intègre cette dimension dès le départ.
Autre sujet qui est revenu plusieurs fois : la protection sociale. Pas dans une logique de long discours, mais avec des exemples précis. Des travailleurs sans couverture en cas d’accident, des secteurs entiers où aucune cotisation n’est versée, et des familles qui basculent rapidement dans la précarité au moindre choc. Là encore, l’écart entre les dispositifs existants et leur application réelle a été pointé.
Le Directeur général de l’OIT a salué les efforts engagés pour maintenir un certain équilibre social, même si, en coulisses, plusieurs interlocuteurs reconnaissent que les tensions ne disparaissent jamais complètement. Elles se déplacent, se transforment, mais restent présentes.
En face, Abdoulaye Maïga a mis l’accent sur une priorité claire : l’emploi des jeunes. Il a rappelé que ce dossier est suivi de près au sommet de l’État, sous l’impulsion du Général d’Armée Assimi Goïta. Mais au-delà de l’orientation politique, la question reste celle de la mise en œuvre. Comment passer des annonces aux postes réellement créés ?
La réunion s’est terminée sans effet d’annonce particulier. Pas de signature, pas de nouveau programme dévoilé. Mais avec une série de constats posés à voix haute. Et surtout, une réalité que tout le monde partage : tant que les outils restent peu utilisés et que les jeunes continuent d’attendre une première vraie opportunité, les discussions devront revenir, encore et encore, autour de la même table.
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