Nigeria : une attaque djihadiste contre une base militaire fait plusieurs morts, dont un général

Près de 100 personnes ont été tuées depuis dimanche dans le nord du pays par des djihadistes et des bandes criminelles, qui ont intensifié leurs raids depuis l’an dernier dans ces régions proches du Sahel.


Des soldats nigérians passent devant des chars de combat à Maiduguri, dans l’Etat de Borno, au Nigeria, le 7 novembre 2025.  AHMED KINGIMI / REUTERS

Des djihadistes ont pris d’assaut une base militaire du nord-est du Nigeria, jeudi 9 avril, tuant plusieurs soldats et un général de brigade, le deuxième à périr dans une attaque en cinq mois dans le pays. Ce bilan porte à près de 100 le nombre de personnes tuées depuis dimanche dans le nord du Nigeria par des djihadistes et des bandes criminelles, qui ont intensifié depuis l’an dernier leurs raids contre des bases militaires et des villages dans ces régions proches du Sahel.

Le pays le plus peuplé d’Afrique est confronté depuis dix-sept ans à une insurrection djihadiste, déclenchée en 2009 lors des violences du groupe armé Boko Haram, et également nourrie par des factions dissidentes puissantes comme l’organisation Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).

« Des assaillants ont pris d’assaut la base militaire de Benisheikh détruisant plusieurs véhicules militaires », a déclaré par téléphone à l’Agence France-Presse (AFP) Zannah Lawan Ajimi, chef de l’administration locale de Kaga. « Malheureusement, le commandant de brigade, le général de brigade O.O. Braimah, a perdu la vie », a-t-il ajouté.

L’attaque a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi dans cette base située à environ 75 kilomètres de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, a précisé une source du renseignement, faisant savoir que les djihadistes, non identifiés, y ont tué au moins 18 soldats et incendié des véhicules.

Cette source ainsi qu’une autre au sein du renseignement ont confirmé le décès du général de brigade. « Ils ont pris le dessus sur la brigade », a souligné la première source. La seconde a déclaré que « les terroristes ont tué plusieurs soldats » et « incendié des véhicules et des bâtiments avant de se replier », sans fournir de bilan précis.

Cette mort intervient après celle du général de brigade Musa Uba, tué par l’organisation Etat islamique en Afrique de l’Ouest en novembre 2025, l’officier militaire nigérian le plus gradé à avoir péri depuis 2021.

Raids et enlèvements

Selon l’armée, les assaillants « ont tenté de franchir le périmètre défensif de l’installation militaire », mais ont été « vigoureusement combattus et contraints de battre en retraite en désordre ». Elle a déploré, dans un communiqué, « la perte de quelques soldats courageux et valeureux », sans donner de chiffre précis.

Avant cette attaque, au moins 90 autres personnes avaient déjà été tuées depuis dimanche dans plusieurs villages isolés du nord-ouest, selon un décompte de l’AFP basé sur des bilans fournis par des sources locales et humanitaires.

Les violences qui se multiplient ces derniers mois dans le nord du Nigeria sont nourries à la fois par des groupes djihadistes et des bandes criminelles, appelées localement « bandits ». Ils y attaquent fréquemment des villages, enlevant régulièrement des personnes par dizaines et réclament des rançons pour les libérer. Ces attaques provoquent régulièrement des mouvements de populations massifs.

Mercredi, les Etats-Unis ont annoncé autoriser le départ du personnel gouvernemental non essentiel basé dans la capitale fédérale, Abuja, « en raison de la dégradation de la situation sécuritaire ». L’ONG Acled, spécialisée dans l’analyse des conflits, a aussi pointé du doigt une recrudescence des violences dans la région, imputée à des groupes liés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique.

En décembre 2025, les Etats-Unis, avec l’appui du Nigeria, avaient bombardé le nord-ouest de l’Etat de Sokoto, également dans le Nord, ciblant des combattants de l’organisation Etat islamique au Sahel (EIS), habituellement présents au Niger voisin, ainsi qu’au Mali et au Burkina Faso.

Washington a depuis commencé à déployer 200 soldats au Nigeria pour soutenir et former les soldats nigérians dans leur lutte contre les groupes djihadistes.

Source : Le Monde avec AFP


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