Transition énergétique : à Bamako, un centre solaire pour passer des discours aux solutions

À Bamako, une étape vient d’être franchie dans la quête d’autonomie énergétique. Ce jeudi, l’Institut des Sciences Appliquées (ISA) de l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako a accueilli le lancement officiel du Centre d’Excellence en Énergie Solaire Photovoltaïque (CESP). Derrière cette initiative, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique affiche clairement ses ambitions : structurer une réponse locale, solide et durable à la crise énergétique qui freine le pays.

Sur place, plusieurs membres du gouvernement avaient fait le déplacement. Pas pour la photo uniquement. Leur présence traduisait une réalité : la question énergétique n’est plus cantonnée au seul ministère de l’Énergie, elle déborde sur l’éducation, la recherche, la gouvernance.

Le ministre n’a pas tourné autour du pot. Il a parlé d’un pays où l’électricité reste instable, où les activités économiques ralentissent dès que le courant lâche, où les solutions d’urgence finissent par coûter plus cher que les investissements de fond. Et au milieu de ce tableau, un paradoxe : un soleil omniprésent, mais encore peu transformé en puissance utile.

Le CESP a été pensé pour combler ce décalage. Concrètement, il ne s’agit pas d’un centre de plus avec des ambitions vagues. Les premières formations annoncées vont du DUT aux licences professionnelles, avec un contenu orienté terrain : dimensionnement d’installations photovoltaïques, maintenance de systèmes solaires, stockage de l’énergie. L’idée, selon les responsables, est de former des techniciens capables d’intervenir immédiatement, pas de produire uniquement des diplômés théoriques.

Autre point assumé : le lien avec les entreprises. Le centre prévoit de travailler directement avec des acteurs du secteur pour adapter les programmes. Pas question de former des profils qui ne trouvent pas de débouchés. Ici, on parle de compétences utilisables dans les projets d’électrification rurale, les installations domestiques ou les infrastructures publiques.

Sur le plan matériel, un premier investissement de 150 millions de FCFA a déjà été injecté pour équiper les laboratoires. Ce n’est pas une promesse, c’est effectif. Tables de test, panneaux, équipements de mesure… Un second financement du même ordre est en préparation, preuve que le projet ne s’arrête pas au lancement officiel.

Dans les échanges en marge de la cérémonie, certains responsables évoquaient déjà l’étape suivante : faire du centre un espace où l’on teste des solutions adaptées au contexte local. Par exemple, des systèmes solaires capables de résister aux fortes chaleurs ou à la poussière, des installations optimisées pour les zones rurales éloignées du réseau classique.

Ce qui se dessine, au fond, dépasse le cadre universitaire. Le CESP pourrait devenir un point de rencontre entre chercheurs, techniciens et entrepreneurs. Un endroit où l’on ne parle pas seulement d’énergie, mais où l’on fabrique des réponses concrètes à une crise bien réelle.

Le lancement, lui, envoie un signal clair. Cette fois, il ne s’agit plus uniquement de diagnostiquer les problèmes. Le Mali tente de bâtir, pièce par pièce, une alternative basée sur ce qu’il a déjà : du soleil, des compétences à former, et une volonté politique qui, pour une fois, commence à se traduire en moyens.


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