La traque contre les réseaux d’arnaque financière se poursuit à Bamako. Le 31 mars 2026, le Commissariat de Police de Sabalibougou, dirigé par le Commissaire M’Barka Camara, a procédé à l’interpellation de deux individus soupçonnés d’être au cœur d’un système d’escroquerie particulièrement structuré. Les faits reprochés sont lourds : faux et usage de faux, falsification de documents bancaires, détournement de biens et association de malfaiteurs.
L’opération, menée par la Brigade de Recherches, fait suite à une série de plaintes, onze au total enregistrées ces dernières semaines. Parmi les victimes figure un commerçant grossiste qui a alerté les autorités après avoir été piégé par une manœuvre bien rodée. Rapidement, les enquêteurs ont compris qu’il ne s’agissait pas d’actes isolés, mais d’un mécanisme frauduleux répété, visant un profil précis : les grossistes.
Le procédé utilisé par les suspects reposait sur une mise en scène crédible. Après avoir passé d’importantes commandes, les escrocs obtenaient les coordonnées bancaires des fournisseurs. Ils effectuaient ensuite un dépôt réel, mais de faible montant entre 10 000 et 100 000 FCFA dans une agence bancaire. Ce détail, en apparence anodin, constituait en réalité la base de leur stratagème.
Munis du bordereau officiel, ils procédaient à sa falsification à l’aide d’outils numériques pour y faire apparaître un montant correspondant à la totalité de la commande. Le faux justificatif était ensuite envoyé aux fournisseurs via WhatsApp, généralement en fin de semaine un moment stratégique où les vérifications bancaires sont plus difficiles. Trompés par ce document apparemment authentique, les commerçants validaient la livraison.
Les marchandises étaient récupérées dans des lieux publics, souvent en bordure de route, par des intermédiaires chargés d’éviter toute identification directe. Ce n’est qu’au début de la semaine suivante, lors des contrôles bancaires, que les victimes découvraient la supercherie.
Le préjudice global dépasse aujourd’hui les 50 millions de FCFA, touchant plusieurs opérateurs économiques de Bamako et des zones environnantes. Les deux suspects, identifiés par les initiales B.S. (43 ans) et A.T. (44 ans), ont été déférés devant les juridictions compétentes. L’enquête reste ouverte afin de remonter d’éventuelles ramifications du réseau.
Cette affaire met en lumière une évolution des pratiques criminelles, désormais appuyées par des outils technologiques simples mais redoutablement efficaces. Elle rappelle aussi la nécessité, pour les acteurs économiques, de systématiser les vérifications bancaires avant toute livraison, même en présence de justificatifs.
Du côté des forces de l’ordre, cette interpellation est présentée comme le résultat d’un travail méthodique et coordonné. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre l’insécurité, impulsée au sommet de la hiérarchie policière. Le Directeur général de la Police nationale, le Contrôleur général Youssouf Koné, en a fait une priorité.
Le Commissaire de Sabalibougou, saluant l’engagement de ses équipes, appelle par ailleurs la population à plus de vigilance. Tout comportement suspect peut être signalé gratuitement via le numéro vert de la Police nationale : 101.
En savoir plus sur FASSO ACTU
Subscribe to get the latest posts sent to your email.