Ils sont accusés d’avoir pris part aux incidents en tribunes au moment où un penalty pour le Maroc avait été accordé à la toute fin du temps réglementaire.

Les supporters sénégalais en tribunes lors de la finale de la CAN entre le Maroc et le Sénégal à Rabat, au Maroc, le 19 janvier 2026. - Ulrik Pedersen/NurPhoto via AFP
C’est l’autre combat des avocats sénégalais depuis la finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations : la libération des 18 supporters condamnés à une peine d’emprisonnement de trois mois à un an pour avoir pris part auxincidents en tribunes, au moment où un penalty pour le Maroc avait été accordé. Comme pour le nom du vainqueur, l’affaire est loin d’être terminée puisque les Sénégalais ont vu leurs peines confirmées en appel lundi.
Le parquet de la Cour d’appel de Rabat avait demandé d’alourdir les peines prononcées en première instance contre les 18 accusés. Les supporters, détenus depuis la finale du 18 janvier, étaient poursuivis pour « hooliganisme », accusation incluant des actes de violence notamment contre les forces de l’ordre, dégradation d’équipements sportifs, invasion de la pelouse et jets de projectiles.
En première instance, neuf d’entre eux avaient été condamnés à un an de prison assorti d’une amende de 5.000 dirhams (environ 460 euros), six autres à six mois et 2.000 dirhams d’amende (180 euros) et les trois derniers à trois mois et à une amende de 1.000 dirhams (90 euros).
Un Français d’origine algérienne, jugé quant à lui pour avoir jeté une bouteille d’eau, s’était également vu infliger une peine de trois mois de prison et 1.000 dirhams d’amende. Les prévenus condamnés à trois mois de réclusion sont libérables à partir de samedi prochain.
Pas besoin de vidéo, « le monde entier a vu »
Devant la cour, les accusés ont clamé leur innocence. Ils ont expliqué – la plupart en wolof, traduit en français puis en arabe – qu’ils avaient été contraints de descendre sur la pelouse du stade à cause d’un mouvement de foule ou pour échapper à « des crachats et jets de projectiles », et non pas pour protester contre une décision arbitrale.
Disant « prendre acte » du verdict d’appel, Me Patrick Kabou qui défendait une bonne partie des Sénégalais a estimé auprès de l’AFP que « le parquet n’a pu apporter aucune preuve » de ces accusations. Durant l’audience, l’avocate de la défense Naïma El Guellaf a demandé la diffusion des vidéos des incidents, sur lesquelles s’appuyait l’accusation, pour vérifier si les accusés pouvaient y être identifiés.
Le parquet a réclamé le rejet de cette demande, invoquant le flagrant délit. « Le monde entier a vu ces images désolantes en direct », a-t-il argué. « Il y a eu des erreurs, les personnes impliquées dans ce qu’il s’est passé se trouvent au Sénégal » et « ne sont pas présentes ici », a affirmé de son côté Me Kabou. Le Sénégal a fait appel fin mars devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) basé à Lausanne (Suisse) de la décision le 17 mars de la Confédération africaine (CAF) d’attribuer sur tapis vert la CAN 2025 au Maroc.
Source : 20 Minutes
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