Sécurisation du bétail : le Mali adopte une stratégie nationale pour 2025–2029

Dans le cadre des décisions issues du Conseil des ministres du mercredi 15 avril 2026, le Gouvernement a adopté une stratégie nationale de sécurisation du bétail pour la période 2025–2029. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des vols de bétail et des conflits liés au pastoralisme, avec des répercussions importantes sur l’économie et la stabilité sociale.

Au Mali, l’élevage constitue l’un des piliers de l’économie nationale, représentant une source essentielle de revenus pour des millions de ménages. Cependant, ces dernières années, le secteur est confronté à une montée des actes d’insécurité, notamment les vols de bétail, souvent associés à des réseaux criminels organisés.

Ces pratiques alimentent non seulement les tensions entre communautés, mais contribuent également à fragiliser les moyens de subsistance des éleveurs, accentuant ainsi la vulnérabilité des populations rurales.

À travers cette stratégie 2025–2029, les autorités maliennes entendent apporter une réponse coordonnée et durable à cette problématique. Le document prévoit la mise en place d’un dispositif institutionnel renforcé, impliquant les services de sécurité, les autorités administratives, les collectivités territoriales ainsi que les organisations professionnelles du secteur de l’élevage.

L’objectif est de mieux prévenir les vols, de renforcer les mécanismes de surveillance et d’améliorer la traçabilité du bétail, tout en facilitant les interventions en cas d’incident.

Au-delà de la question sécuritaire, la stratégie vise également à réduire les conflits liés à l’accès aux ressources naturelles, notamment entre éleveurs et agriculteurs. La pression sur les terres et les points d’eau, exacerbée par les effets du changement climatique, constitue un facteur de tensions récurrent dans plusieurs régions du pays.

La nouvelle approche met l’accent sur la gestion concertée des espaces pastoraux, la promotion du dialogue intercommunautaire et la mise en place de mécanismes locaux de prévention et de résolution des conflits.

La sécurisation du cheptel apparaît ainsi comme un levier essentiel pour préserver et renforcer la contribution du secteur de l’élevage à l’économie nationale. En garantissant un environnement plus sûr aux éleveurs, les autorités espèrent stimuler les investissements, améliorer la productivité et consolider les chaînes de valeur du secteur.

Cette dynamique pourrait également favoriser une meilleure intégration des produits de l’élevage sur les marchés nationaux et sous-régionaux.

La stratégie adoptée prévoit enfin un renforcement de la gouvernance, avec une coordination accrue entre les différents acteurs et une meilleure structuration des interventions. Elle s’inscrit dans une vision globale de modernisation du secteur de l’élevage, en lien avec les politiques de développement rural.

Si cette initiative traduit une volonté politique affirmée, sa réussite dépendra largement de son application effective sur le terrain, notamment dans les zones les plus exposées à l’insécurité. Pour les éleveurs, principaux concernés, cette stratégie suscite de fortes attentes en matière de protection, de justice et de stabilité.

En adoptant cette stratégie de sécurisation du bétail (2025–2029), le Mali pose ainsi les bases d’une réponse structurée à un défi à la fois sécuritaire, économique et social, au cœur des réalités du monde rural.


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