C’est une nation touchée dans sa chair et dans son âme qui a rendu un dernier hommage à son héros jeudi dernier (30 avril 2026) avant qu’une foule immense ne l’accompagne à sa dernière demeure, au cimetière de Kati Malibougou où repose désormais le Général d’armée Sadio Camara pour l’éternité.

Rarement, le décès d’un homme a suscité tant d’émotion dans notre pays. Dans les marchés, dans les bureaux, sur les lieux de travail… Dans les villes, dans les villages, dans les hameaux… Tout le monde a tenu à rendre un dernier hommage au Général Sadio Camara en étant témoin de ses funérailles à la télévision, à la radio, sur les réseaux sociaux… Ils sont nombreux (surtout des femmes et des adolescents) à avoir pleuré à chaudes larmes.
Lors des funérailles organisées jeudi dernier (30 avril 2026) sur la Place d’armes du Génie militaire en présence du Général d’Armée Assimi Goïta, les différents intervenants (le porte-parole de la famille, le chef d’état-major de l’Armée de l’air, le ministre burkinabé de la Défense au nom de l’AES, le Premier ministre, le Grand chancelier des Ordres nationaux) ont rendu un émouvant hommage à un homme entièrement dévoué au Mali, dont la « seule obsession » était de bâtir une armée forte et souveraine. Ils ont dressé le portrait d’un croyant, humble et profondément humain, qui avait le sens du devoir.
« Nous voici réunis en ce jour du jeudi 30 avril 2026, non pas pour célébrer une fin, mais pour rendre grâce et témoigner d’une vie qui a marqué à jamais notre histoire, notre présent, et continuera de marquer notre futur », a souligné le Général de Brigade Alou Boï Diarra, chef d’état-major de l’Armée de l’air et porte-parole de la 24e promotion de l’École militaire interarmes (EMIA) de Koulikoro, ému aux larmes.
Une très vive émotion à la hauteur de la perte du « symbole, du combattant, du leader et du modèle » ; de la douleur que cette disparition a suscitée. Jeudi dernier (30 avril 2026), la nation s’est unie dans le deuil et dans la douleur ! Sadio restera dans les cœurs comme « un officier d’exception dont le leadership a permis de bâtir une armée forte et bien équipée », l’architecte de la montée en puissance des Forces de défenses et de sécurité (FDS) du pays. Un homme très pieux : « C’est en étant sur son tapis de prière de Fajr (prière de l’aube) que le Général d’Armée Sadio Camara a été attaqué chez lui », a témoigné le Général de Brigade Ali Boï Diarra, camarade de promotion de l’illustre défunt.
Avec toute une vie consacrée à défendre la patrie au péril de sa vie, Sadio ne pouvait mourir qu’en martyr ! Après tous les témoignages entendus lors des funérailles nationales du jeudi 30 avril 2026 sur la Place d’armes du Génie militaire de Bamako, on comprend alors aisément pourquoi l’onde de choc de son décès s’est vite propagée au-delà de nos frontières, provoquant émotion, colère, amertume… condamnation !
« C’est un digne fils, un grand homme, un militaire exceptionnel, un frère irremplaçable que la nation toute entière a perdu », a ajouté Général de Brigade Alou Boï Diarra. Et de poursuivre, « le baobab que nous pleurons aujourd’hui est tombé, c’est vrai. Mais en tombant, il libère une immense clairière de lumière. C’est à nous, désormais, de ne pas habiter l’ombre de son absence, mais d’avancer dans la trace lumineuse de son exemple. C’est à nous de ne pas courber l’échine et de faire vivre les idéaux qui ont toujours habité l’Homme, et qui l’ont poussé à donner sa vie ».
« Mon Général, vous êtes parti comme vous l’aviez souhaité : les armes à la main. Vous êtes tombé en héros, au service de la nation », a souligné le Premier ministre, Général de division Abdoulaye Maïga. « Mon Général, nous te faisons le serment de notre détermination à poursuivre le combat contre le terrorisme jusqu’à la victoire finale tant que Dieu nous accordera le souffle de la vie… », a promis le Général de Brigade Célestin Simporé, ministre de la Défense du Burkina Faso, au nom de la Confédération des États du Sahel (AES).
Au nom de la nation, du peuple malien, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a promis, « ton parcours sera enseigné à nos cadets dans toutes nos écoles militaires afin que ton exemple de dévouement et de générosité serve de boussole à tous ceux qui embrasseront le métier des armes ».
Les grandes nations se bâtissent par le sang du sacrifice des héros ! À condition bien sûr que le flambeau ne tombe pas, que leur œuvre soit perpétuée. En tout cas, à la nation, le Général d’Armée Sadio Camara laisse un héritage moral et militaire qui doit continuer d’inspirer des générations et des générations engagées au service de la patrie. Il est donc maintenant du devoir de nous tous, de chaque fille et de chaque fils de cette nation, que le sacrifice de Sadio Camara ne soit jamais vain !
Moussa Bolly
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