Le Gouvernement malien affiche des ambitions économiques élevées pour la période 2027-2029. Selon les projections contenues dans le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP), l’économie nationale devrait enregistrer une croissance moyenne annuelle de 6,5 %, soutenue par la poursuite des investissements publics, le développement des secteurs productifs et l’amélioration progressive de la mobilisation des ressources internes.
Ces prévisions s’inscrivent dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, les contraintes climatiques et les incertitudes de l’environnement économique international. Malgré ces facteurs, les autorités entendent maintenir une dynamique de croissance capable de soutenir l’emploi, les revenus des ménages et le financement des politiques publiques.
Pour accompagner cette trajectoire économique, l’État prévoit des dépenses publiques annuelles moyennes estimées à 4 382,9 milliards de FCFA sur la période 2027-2029. Ces ressources devraient permettre de financer les priorités gouvernementales dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de la sécurité et du développement local.
L’objectif affiché est de renforcer les investissements structurants tout en améliorant l’accès des populations aux services sociaux de base. Cette programmation budgétaire témoigne de la volonté des pouvoirs publics de poursuivre les efforts de modernisation du pays et de consolidation de la souveraineté économique nationale.
Parallèlement, le Gouvernement ambitionne d’accroître progressivement le taux de pression fiscale, qui devrait atteindre 15,1 % à l’horizon 2029. Cette orientation vise à renforcer les recettes internes de l’État afin de réduire la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs et de garantir une meilleure soutenabilité des finances publiques.
L’amélioration du recouvrement fiscal, l’élargissement de l’assiette fiscale et la lutte contre la fraude figurent parmi les principaux leviers identifiés pour atteindre cet objectif.
Pour de nombreux observateurs, ces prévisions traduisent une volonté affirmée des autorités de maintenir le cap du développement économique. Toutefois, leur concrétisation dépendra de plusieurs facteurs, notamment la stabilité du contexte sécuritaire, la performance du secteur agricole, l’évolution des cours des matières premières ainsi que la capacité de l’administration à mobiliser efficacement les recettes publiques.
Les économistes estiment généralement qu’une croissance supérieure à 6 % constitue un signal positif pour une économie en développement. Cependant, ils soulignent également que cette croissance doit être suffisamment inclusive pour se traduire par une amélioration tangible des conditions de vie des populations.
Au-delà des chiffres, le principal défi restera donc la transformation de cette croissance projetée en opportunités économiques concrètes, en création d’emplois et en amélioration durable du bien-être des Maliens.
Sory Diakité
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