Lutte contre le financement du terrorisme : douze personnes inscrites sur la liste nationale des sanctions financières ciblées

Le gouvernement malien franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de lutte contre le terrorisme et son financement. Par un arrêté signé le 18 juin 2026, le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a procédé à l’inscription de douze personnes physiques sur la liste nationale des sanctions financières ciblées.

Cette décision s’appuie sur les dispositions de l’Ordonnance portant lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive, ainsi que sur les textes réglementaires encadrant le gel administratif des avoirs.

Selon l’arrêté, les personnes concernées sont accusées de « soutien manifeste » au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et au Front de libération de l’Azawad (FLA). Les griefs retenus portent notamment sur la promotion et l’apologie du terrorisme, l’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes ainsi que la facilitation de la perpétration d’actes terroristes.

Les personnes inscrites sur cette liste sont :

  • Malick Konaté, journaliste ;
  • Kadidia Fofana, ménagère ;
  • Sékou Tounkara, enseignant ;
  • Ismaïla Sacko, ingénieur architecte ;
  • Boubacar Soumahoro, alias « Bouba FANE », économiste spécialisé en finance et comptabilité ;
  • Cheick Mohamed Chérif Koné, magistrat de grade exceptionnel ;
  • Youssouf Doumbia, alias « Delfro », étudiant ;
  • Almouzzamilim Ag Mohamed, chef d’entreprise ;
  • Boubacar Sidigh Ould Taleb Sidi Aly, fonctionnaire des collectivités territoriales ;
  • Haballah Ag Hamzatta, juriste ;
  • Mohamed Elmaouloud Ould Ramadane, juriste ;
  • Ahmada Ag Bibi, commerçant.

L’arrêté précise que ces inscriptions sont prononcées pour une période de six mois renouvelables. En conséquence, l’ensemble des biens, avoirs et ressources économiques appartenant aux personnes concernées fait l’objet d’un gel immédiat durant cette période.

Les banques, établissements financiers, compagnies d’assurance, systèmes financiers décentralisés ainsi que toutes les structures assujetties aux obligations de vigilance sont tenus d’appliquer strictement les mesures prescrites. Le texte rappelle que tout manquement expose les contrevenants à des sanctions disciplinaires et pénales prévues par la législation en vigueur.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par le renforcement des mécanismes nationaux de lutte contre le terrorisme et ses sources de financement. Les autorités maliennes considèrent en effet que l’assèchement des circuits financiers constitue un levier essentiel pour réduire les capacités opérationnelles des groupes armés et préserver la stabilité du pays.

Le gouvernement réaffirme ainsi sa volonté de poursuivre la mise en œuvre des instruments juridiques et financiers destinés à prévenir toute forme de soutien matériel, logistique ou financier aux organisations terroristes opérant sur le territoire national et dans l’espace sahélien.

L’arrêté est entré en vigueur à compter de sa signature, le 18 juin 2026. Il sera publié au Journal officiel de la République du Mali ainsi que sur les plateformes officielles du ministère de l’Économie et des Finances afin d’assurer sa pleine exécution.

Sory Diakité


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