Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et le ministre d’État, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de Corps d’Armée Ismaël Wagué, ont tenu, lundi 17 août 2026, une séance de travail avec une délégation de haut niveau des Nations Unies conduite par Sahle-Work Zewde, experte indépendante du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) et ancienne présidente de la République fédérale démocratique d’Éthiopie.

Cette visite de travail s’inscrit dans le cadre de la revue stratégique de l’UNOWAS, engagée en perspective du renouvellement de son mandat. Les échanges ont notamment porté sur les évolutions sécuritaires et géopolitiques qui affectent aujourd’hui l’espace ouest-africain et sahélien.
En présence de la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Mali, les deux parties ont examiné les principaux enjeux sécuritaires de la sous-région, avec un accent particulier sur la menace terroriste et les ingérences extérieures dénoncées par les autorités maliennes.
Face aux mutations intervenues ces dernières années dans l’environnement géopolitique ouest-africain, les responsables maliens ont insisté sur la nécessité d’adapter le mandat de l’UNOWAS aux nouvelles réalités et aux priorités définies au niveau sous-régional.

Dans cette perspective, la dimension de la Confédération des États du Sahel (AES) a été présentée comme un élément désormais incontournable dans l’approche de la coopération régionale. Bamako souhaite ainsi que les évolutions institutionnelles et géopolitiques de l’espace sahélien soient pleinement prises en compte dans les mécanismes de coopération des Nations Unies.
Sur le plan national, les ministres ont également exposé le nouveau paradigme défendu par les autorités maliennes, fondé sur une plus grande appropriation nationale des orientations politiques et stratégiques du pays. Cette approche concerne notamment la gouvernance, la vision de développement et la gestion des questions liées à la paix et à la réconciliation.
Le processus de paix a, à ce titre, été évoqué dans le cadre de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation, présentée comme l’un des instruments de la nouvelle démarche malienne en matière de règlement des questions nationales.

Les autorités maliennes ont par ailleurs salué la contribution du Système des Nations Unies au développement socio-économique du pays. Elles ont toutefois appelé à une meilleure coordination des interventions des différentes agences, fonds et programmes de l’ONU présents au Mali.
L’objectif affiché est de renforcer la cohérence et l’efficacité des actions conduites sur le terrain, mais aussi d’éviter la dispersion des efforts afin de parvenir à des résultats davantage alignés sur les priorités nationales et les besoins des populations.
Cette rencontre intervient alors que l’UNOWAS mène sa revue stratégique, une étape appelée à nourrir la réflexion sur l’avenir de son mandat en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Pour Bamako, cette évolution devra tenir compte des transformations profondes de l’espace sous-régional, notamment de l’émergence de la Confédération AES et de la volonté des États concernés de renforcer leur appropriation des processus politiques, sécuritaires et de développement.
Sory Diakité
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