Les dirigeants de la CEDEAO, Faye et Diop, accordent la priorité à la monnaie unique, à la coopération en matière de sécurité et au commerce après le départ de trois États membres. Les discussions portent sur la monnaie unique de la CEE, les prélèvements communautaires de la CEDEAO, la circulation des personnes et des biens, ainsi que la force régionale de lutte contre le terrorisme. La transition implique de gérer les liens économiques après la scission politique, de respecter les exigences de l’ECO et de faire face aux menaces pesant sur la sécurité régionale.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et le futur président de la Commission de la CEDEAO, Birame Diop, ont défini les priorités de l’organisation ouest-africaine, qui doit désormais travailler sur la mise en place d’une monnaie commune, la coopération en matière de sécurité et le commerce, après le départ de trois États membres. M. Faye, qui a pris la présidence de la CEDEAO en juillet, a rencontré M. Diop à Dakar le 27 août, avant l’entrée en fonction de l’ancien ministre sénégalais de la Défense, prévue le 1er septembre.
Leurs discussions ont porté sur le projet de monnaie unique de la CEE, la perception des prélèvements communautaires de la CEDEAO, la circulation des personnes et des biens, ainsi que la création d’une force régionale de lutte contre le terrorisme. Les dirigeants de la CEDEAO ont réaffirmé en juillet leur volonté de commencer à introduire la CEE en 2027, les pays répondant aux critères de convergence économique devant être les premiers à y adhérer.
M. Faye a pris la présidence tournante alors que la CEDEAO s’adapte au retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ces trois pays dirigés par des militaires ont officiellement quitté le bloc en janvier 2025 et ont formé l’Alliance des États du Sahel. Ils font toujours partie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine et continuent d’utiliser le franc CFA, ce qui maintient les liens économiques avec les membres de la CEDEAO malgré la scission politique.
La sécurité reste un autre axe prioritaire. La CEDEAO s’efforce de rendre opérationnelle sa force antiterroriste alors que les États membres sont confrontés à la violence djihadiste, à la criminalité transfrontalière et à d’autres menaces armées. L’organisation s’est fixé pour objectif d’atteindre sa pleine capacité opérationnelle en juillet 2027.
M. Diop a précédemment occupé les fonctions de ministre des Forces armées du Sénégal, de chef d’état-major et de conseiller auprès du secrétaire général des Nations unies. Il remplacera Omar Alieu Touray à la présidence de la Commission. M. Faye a appelé à une CEDEAO qui se concentre sur la sécurité, l’intégration économique et les résultats pour les citoyens, alors que l’organisation s’efforce de maintenir la coopération régionale après le retrait des États du Sahel.
Points clés à retenir
Ce changement à la tête de la CEDEAO intervient alors que le bloc est confronté à un problème différent de celui pour lequel il a été créé. L’intégration régionale visait autrefois à réduire les barrières commerciales et à évoluer vers un marché commun, mais la CEDEAO doit désormais gérer une séparation politique tout en maintenant le bon fonctionnement des liens économiques. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO, mais leurs économies restent liées à plusieurs membres par le biais de l’UEMOA, du franc CFA, des routes commerciales et des flux migratoires. Cela rend une séparation économique totale coûteuse pour les deux parties et incite M. Faye à maintenir le dialogue, même si ces pays ne réintègrent pas l’organisation. Le projet de l’ECO constitue un nouveau défi. La CEDEAO vise toujours un lancement en 2027, mais un système par étapes implique que les pays devront respecter des règles en matière d’inflation, d’endettement et de stabilité monétaire avant d’adhérer. Parallèlement, les menaces sécuritaires prennent une dimension de plus en plus régionale, les groupes armés opérant au-delà des frontières. La force antiterroriste proposée est censée apporter une réponse commune, mais elle nécessitera un financement et une coopération entre les gouvernements. Pour M. Faye et M. Diop, la tâche consiste donc à démontrer que la CEDEAO peut encore apporter des avantages économiques et sécuritaires avec un nombre réduit de membres, tout en maintenant le dialogue ouvert avec les États du Sahel.
Source : Daba Finance
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