Des tirs nourris et des détonations ont été entendus dans la nuit de vendredi 28 à samedi 29 août à Niamey, la capitale du Niger, aux abords de la base militaire attenante et dans plusieurs quartiers. Depuis quelques heures, la télévision publique n’émet plus. On fait le point.
La télévision publique n’émet plus au Niger, ce samedi 29 août 2026, Télé Saheln’offrant plus qu’un écran noir sur ses programmes, ont rapporté des habitants à l’Agence France-Presse (AFP). Elle émettait toujours à 4 h (5 h à Paris) avant d’être coupée, conséquence probable d’une situation inquiétante : de nombreux tirs ont été entendus toute la nuit dans plusieurs quartiers de la capitale Niamey et se poursuivaient dans la matinée, notamment autour de la base militaire attenante à l’aéroport international Diori-Hamani, point névralgique du régime au pouvoir.
« Nos forces de défense et de sécurité sont mobilisées »
« Face aux évènements en cours, gardons notre calme et évitons de relayer des informations non vérifiées, a affirmé, ce samedi matin, le régime militaire sur ses réseaux sociaux. Nos forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour la défense de la patrie. » Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications ont également évoqué des tirs et des explosions en ville, notamment dans la zone administrative qui abrite le palais présidentiel. Des vidéos montraient des véhicules blindés déployés en renfort dans un quartier proche de l’aéroport.
Bana Wagana Ibrahim, membre du bureau du Conseil consultatif de la refondation du Niger, a lui aussi assuré, dans un message publié sur Facebook, que la base militaire 101 avait été prise pour cible, affirmant que les forces de sécurité en avaient repris le contrôle. « Une autre attaque lâche contre la base 101, et encore une fois nos forces de défense et de sécurité ont assuré. Situation sous contrôle », a-t-il écrit. L’origine des tirs restait inconnue et aucune communication officielle n’a pour l’heure été émise.
État islamique et JNIM
Le Niger est dirigé depuis juillet 2023 par la junte du général Abdourahamane Tiani qui détient toujours captif le président renversé Mohamed Bazoum et qui a tourné le dos à la France pour se rapprocher notamment de la Russie. L’aéroport de Niamey avait été ciblé deux fois cette année par des jihadistes, d’abord par l’État islamique en janvier, puis fin juin par leurs rivaux du JNIM, la branche sahélienne d’Al-Qaida. En juin, 11 soldats et deux civils avaient été tués.
En janvier, le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu d’un coup d’État en juillet 2023, avait évoqué « une faille dans le dispositif » sécuritaire qui avait « permis l’attaque », dont « l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes » de l’armée.
La base 101 de l’armée de l’air, située dans le complexe de l’aéroport international abrite notamment le quartier général des partenaires russes de Niamey, Africa Corps, ainsi que l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel que le Niger forme avec le Burkina Faso et le Mali. Le site est sensible : entre décembre et janvier, il accueillait une importante cargaison de concentré d’uranium, bloquée en attendant d’être exportée. Aucun mouvement de cette cargaison n’a été identifié depuis.
L’Alliance des États du Sahel
Le Niger fait face depuis le milieu des années 2010 aux djihadistes, comme ses voisins le Burkina Faso et le Mali. Les attaques meurtrières visant civils et militaires restent récurrentes au Niger, en particulier dans la région de Tillabéri, à la frontière du Mali et du Burkina Faso. Les trois pays, tous gouvernés par des juntes, ont formé une confédération, l’Alliance des États du Sahel (AES), et ont tourné le dos à la France, leur ancien partenaire-clé dans la lutte anti-jihadiste, pour se rapprocher de la Russie.
La junte de Niamey accuse régulièrement l’ex-puissance coloniale de financer les jihadistes pour le déstabiliser, ce que Paris nie. En avril, le JNIM avait durement frappé le Mali voisin, également gouverné par une junte, jusque dans la capitale Bamako.
Appel au calme
Ce samedi midi, Le régime militaire au pouvoir a affirmé « reprendre progressivement le contrôle » face à des mutins qui ont « entrepris de séquestrer »des soldats dans la base militaire et « effectué des tirs sur certains sites sensibles » de la capitale. Dans un communiqué signé du ministre de la Défense, le général Salifou Mody, les autorités appellent la population à « garder son calme et vaquer librement à ses occupations ».
Source : OUEST FRANCE
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