RESTAURATION DES TERRES DEGRADEES : Une stratégie expérimentée pour renforcer la résilience climatique au Sahel

Financé par la Banque mondiale à hauteur de 90 milliards de FCFA, le Projet de restauration des terres dégradées au Mali (PRTD-Mali) vise à réhabiliter des milliers d’hectares de paysages et à renforcer la résilience climatique du pays, voire du Sahel.

Le Projet de restauration des terres dégradées au Mali (PRTD-Mali) est une initiative nationale de 7 ans lancée en mars 2024 visant à restaurer les écosystèmes et à promouvoir une croissance résiliente au climat. C’est une approche opportune pour un pays où chaque année plus de 100 000 hectares de terres forestières disparaissent en raison de l’action humaine, du surpâturage et du climat. Selon des statistiques officielles, la dégradation des sols coûte à notre pays plus de 31 % du Produit intérieur brut (PIB) par an.

Les initiatives ciblées prévoient la réhabilitation de milliers d’hectares dans des zones spécifiques (comme 4 000 ha gérés à travers des programmes intégrés dans les zones de Sikasso, Kadiolo et Ségou), tout en finançant des sous-projets dans le Delta intérieur du Niger et sur le tracé de la Grande Muraille verte.

L’approche du projet est basée sur le lien entre la dégradation des ressources naturelles, les impacts du changement climatique et les conflits sociaux et cherche à restaurer de manière simultanée le capital social, naturel et culturel. Le projet vise à renforcer les capacités nationales pour la mise en œuvre des Contributions déterminées au niveau national (CDN) et d’une stratégie de prévention des conflits dans sa zone d’intervention. Des investissements durables dans les zones dégradées sont également prévus pour restaurer leurs fonctions physiques et sociales et accroître la résilience climatique. Il s’agira aussi d’améliorer l’accès aux marchés pour les produits forestiers non ligneux et les produits de la pêche par le biais d’alliances productives.

Quant à la Grande Muraille verte, c’est une initiative phare de l’Union africaine (UA) lancée en 2007 pour stopper l’avancée du désert du Sahara et restaurer les terres dégradées du Sahel. Il vise à relier Dakar (Sénégal) à Djibouti sur environ 8 000 kilomètres de long et 15 kilomètres de large en traversant 11 pays, dont le Sénégal, le Mali, le Niger, le Tchad et l’Éthiopie. À travers cette initiative, l’ambition de l’UA est de restaurer 100 millions d’hectares de terres, de séquestrer 250 millions de tonnes de carbone et de créer 10 millions d’emplois verts d’ici 2030. De nos jours, le projet a évolué d’une simple ligne d’arbres à une mosaïque de paysages productifs, intégrant des espèces locales résistantes comme le Faidherbia albida et des activités maraîchères. Il se heurte néanmoins à des obstacles comme les retards de financement promis par la communauté internationale et l’insécurité dans certaines régions sahéliennes qui ralentissent la cadence globale.

Au Mali, l’impact de la Grande Muraille verte s’étend de la région de Kayes jusqu’aux zones sahéliennes du nord du pays, touchant plus de 51 % du territoire national menacé par la désertification. C’est l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte qui coordonne les efforts des États membres aux côtés d’organisations partenaires.

M.B


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