Les tensions entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et le gouvernement fédéral éthiopien connaissent une nouvelle escalade. Les forces tigréennes ont pris, mercredi 23 septembre, le contrôle de l’aéroport de Mekele, capitale de cette région du nord de l’Éthiopie. Les aéroports d’Aksoum et de Shire seraient également passés sous leur contrôle, selon des sources sécuritaires et locales citées par l’Agence France-Presse (AFP).
Une source sécuritaire étrangère présente en Éthiopie a confirmé à l’AFP la prise de l’aéroport de Mekele. Le site accueillait habituellement un contingent de soldats fédéraux et constituait l’une des principales manifestations de la présence du gouvernement central dans la capitale régionale.
Selon la même source, les forces tigréennes auraient également pris le contrôle des aéroports d’Aksoum et de Shire. Ces informations n’ont toutefois pas encore été confirmées de manière indépendante.
Les liaisons commerciales d’Ethiopian Airlines avec le Tigré étaient déjà suspendues depuis la fin du mois de janvier, à la suite de précédents affrontements entre les forces régionales et fédérales.
Une alliance de sept groupes contre le pouvoir fédéral
Cette nouvelle escalade intervient trois jours après l’annonce de la création d’une alliance réunissant sept groupes armés opposés au gouvernement du premier ministre Abiy Ahmed.
Baptisée « Ethiopian Peoples’ Forces Alliance for Survival », cette coalition rassemble notamment le TPLF, le Mouvement national Fano amhara et l’Armée de libération oromo (OLA), ainsi que quatre autres organisations représentant différentes régions du pays. Elle affirme vouloir écarter le gouvernement fédéral et instaurer un exécutif de transition inclusif.
La capacité de ces groupes à coordonner durablement leurs actions reste toutefois incertaine. Plusieurs d’entre eux se sont affrontés par le passé et demeurent divisés sur des questions territoriales et politiques.
Le spectre d’une reprise de la guerre
La situation sécuritaire s’est fortement détériorée ces derniers mois. Des affrontements sporadiques et des frappes de drones imputées aux forces fédérales ont ravivé les craintes d’un retour à la guerre dans le Tigré.
Cette escalade intervient près de quatre ans après la signature, en novembre 2022, de l’accord de Pretoria, qui avait officiellement mis fin à deux années de conflit entre le gouvernement fédéral et les forces loyales au TPLF.
La guerre, menée entre 2020 et 2022, avait fait plusieurs centaines de milliers de morts en raison des combats, de la famine et de l’effondrement du système de santé. L’ancien médiateur de l’Union africaine, Olusegun Obasanjo, avait évoqué un bilan d’environ 600 000 morts. Plus d’un million de personnes avaient également été déplacées.
Source : AllAfrica
En savoir plus sur FASSO ACTU
Subscribe to get the latest posts sent to your email.