Les avis sont partagés quant à l’accès aux contraceptifs indépendamment de la situation matrimoniale et de l’âge.
La santé et les droits sexuels et reproductifs constituent un pilier essentiel du développement humain en lien direct avec les droits humains, l’égalité de genre et la santé publique. Ils visent à garantir à chaque individu la possibilité d’exercer librement ses droits en matière de sexualité et de reproduction, notamment par l’accès à l’information, aux services de santé et à une prise de décision autonome et éclairée (Fond des Nations Unis pour la Population, 2023).
Ces principes trouvent leur traduction dans les politiques et stratégies nationales visant à promouvoir l’égalité de genre et à garantir les droits sexuels et reproductifs aux Comores. La Politique Nationale d’Egalité et d’Equité du Genre a été adoptée afin d’intégrer la dimension de genre dans tous les secteurs en renforçant la santé sexuelle et reproductive et à lutter contre la violence basée sur le genre (Union des Comores, 2017). L’Association Comorienne pour le Bien Etre de la Famille joue un rôle important dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive dans le pays à travers des émissions radio éducatives, des services cliniques, des campagnes communautaires et des programmes destinés aux jeunes (Riwad, 2026).
Malgré ces efforts, des lacunes persistent. Près de quatre femmes mariées sur 10 déclarent ne pas avoir accès à la contraception. Cette proportion s’élève à environ trois quarts chez les femmes non mariées (Fond des Nations Unis pour la Population, 2025 ; Union des Comores, 2022). Cet accès limité à la contraception met en lumière divers obstacles, notamment une sensibilisation limitée, des contraintes financières et des normes socioculturelles (Union des Comores, 2017).
En outre, le mariage d’enfants constitue un problème majeur. Un cinquième des femmes âgées de 20-24 ans déclarent s’être mariées avant l’âge de 18 ans. Les filles vivant en milieu rural sont plus susceptibles d’être victimes de ce phénomène que celles vivant en milieu urbain (23,4% contre 15,7%) (Union des Comores, 2022).
L’éducation complète à la sexualité demeure limitée, notamment en raison de tabous socioculturels. Cette situation intervient dans un contexte marqué par une fréquence élevée des grossesses précoces. En 2022, le taux de natalité aux Comores était de 60 pour 1.000 filles âgées de 15-19 ans (Fond des Nations Unis pour la Population, 2018, 2017).
Aux Comores, l’avortement est interdit sauf pour sauver la vie de la femme menacée par l’évolution de la grossesse. Il est passible d’une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans ou d’une amende de U.S. $1.163 à 11.631 (Union des Comores, 2020). Ces restrictions légales limitent l’accès aux services d’avortement sécurisés et peuvent ainsi favoriser le recours à des avortements clandestins, avec des conséquences potentiellement graves, notamment pour les jeunes filles (Union des Comores, 2017).
C’est dans ce contexte qu’un module spécial de l’enquête Afrobarometer Round 10 en 2025 explore les opinions et les expériences des Comoriens relativement à la santé et aux droits sexuels et reproductifs.
Selon les résultats, la majorité des Comoriens pensent que les femmes devraient être libres de décider de leur mariage et de leur procréation. Les Comoriens estiment également que les jeunes femmes qui tombent enceintes ou ont des enfants devraient avoir le droit de continuer leurs études, et soutiennent l’enseignement de l’éducation à la sexualité à l’école.
Si une légère majorité de Comoriens approuvent l’accès aux contraceptifs pour toutes les personnes sexuellement actives indépendamment de leur statut matrimonial, seulement environ la moitié soutiennent l’accès quel que soit l’âge.
S’agissant de l’avortement, plus de six citoyens sur 10 le jugent justifié lorsque la grossesse met en danger la santé ou la vie de la femme enceinte. Mais une majorité le rejettent dans d’autres circonstances.
Source : Afrobarometer
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