Le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a tenu, vendredi 2 octobre 2026 à Dakar, sa troisième session ordinaire de l’année. Présidée par Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, la rencontre a réuni les responsables financiers des États membres, avec la participation du gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou.
Parmi les principales décisions prises figure l’adoption d’une nouvelle Directive portant réglementation communautaire des marchés publics. Cette réforme vise à améliorer l’exécution des investissements publics dans les États membres, en renforçant notamment la capacité d’absorption des crédits d’investissement et en accélérant les procédures de passation des marchés.
L’enjeu est important pour les économies de l’Union. Une meilleure exécution des budgets d’investissement doit permettre de réduire les délais administratifs et de faciliter la réalisation des infrastructures et autres projets publics. La réforme entend ainsi rapprocher davantage les procédures de commande publique des exigences d’efficacité et de célérité.
Autre décision majeure : l’adoption de la Stratégie régionale de protection sociale 2026-2035 de l’UEMOA. Ce cadre décennal doit accompagner les États membres dans la mise en place de dispositifs institutionnels et organisationnels permettant d’étendre la protection sociale aux populations vulnérables. L’objectif affiché est notamment d’améliorer l’équité et la couverture sociale dans l’espace communautaire.
Sur le plan économique et financier, le Conseil a également formulé un avis favorable à la participation de la BCEAO et des banques commerciales de l’UMOA au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS). Ce mécanisme doit faciliter les paiements transfrontaliers et contribuer au développement des échanges commerciaux et financiers à l’échelle africaine.
Les ministres ont par ailleurs adopté une décision relative à la renonciation aux immunités et privilèges de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) dans le cadre de la mobilisation de financements auprès de partenaires techniques et financiers. Cette mesure doit permettre à la banque régionale d’accéder à de nouvelles ressources et de renforcer sa capacité à financer des projets prioritaires et structurants dans les États membres.
La situation économique de l’Union a également été examinée. Selon les données présentées lors de la session, l’activité économique est restée dynamique, avec une croissance estimée à 6 % au deuxième trimestre 2026, contre 6,1 % au trimestre précédent. L’inflation s’est établie à 0,4 %, après -0,2 % au premier trimestre. La position extérieure de l’Union s’est, pour sa part, améliorée sous l’effet notamment de la progression des exportations d’or, de coton, de cacao et de produits pétroliers.
Au Mali, les échanges ont également porté sur le projet Office du Niger de la Commission de l’UEMOA, parmi les dossiers examinés au cours de la session.
Cette réunion intervient dans un contexte international marqué par les incertitudes économiques liées notamment au conflit au Moyen-Orient et à ses répercussions sur les équilibres financiers mondiaux. Selon les projections du Fonds monétaire international citées par la BCEAO, la croissance mondiale devrait atteindre 3 % en 2026 et 3,4 % en 2027.
Sory Diakité
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